Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 16 décembre 2020 – Luc7 ,18b-23
« Le Seigneur va venir sans tarder éclairer ce que voilent nos ténèbres. »
Ces quelques mots de l’antienne d’ouverture se réalisent pour Jean-Baptiste dans l’évangile. Les ténèbres l’empêchait de voir comme il faut, le Seigneur vient l’éclairer et lui montrer que c’est bien lui le Messie.
Quand il envoie deux disciples demander à Jésus : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre? », on ne peut qu’être étonné. C’est une question des plus étranges. Lorsque Marie a visité sa cousine Élisabeth, Jean-Baptiste a tressailli dans le sein de sa mère, comme s’il reconnaissait déjà le Messie. Et puis, c’est encore lui qui avait désigné le Messie à deux de ses disciples, André et à Jean : « Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde. » Il leur avait comprendre que Jésus était bien le Messie attendu.
Lui qui a préparé la venue du Seigneur, lui qui a été la voix qui criait dans le désert, lui qui était venu « comme témoin, pour rendre .témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui » (Jn 1,7-8), sent sa dernière heure venir. On peut bien se demander pourquoi le précurseur du Messie doute-t-il autant?
Jésus rassure Jean-Baptiste, il le réconforte. Il ne se contente pas de leur dire de belles paroles, mais à regarder les gestes qu’il pose. Les signes et les miracles qu’il fait témoignent qu’il est bien le Messie. Il dit aux deux disciples : « Allez annoncer à Jean ce que vous avez vus et entendu : les aveugles recouvrent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, l’Évangile est annoncé aux pauvres. » Jésus leur fait voir qu’il accomplit ce qu’avait annoncé le prophétie d’Isaïe. (Isaïe 61,1)
Mais, quand saint Luc écrit ces lignes, ça fait longtemps que Jean-Baptiste est mort. Aussi, il faut comprendre que c’est pour nous que saint Luc rapporte ce récit dans l’évangile. Il sait bien que nous ne sommes pas à l’abri du doute, que nous avons besoin d’être réconforté, rassuré nous aussi, que nous avons besoin de revoir les gestes de Jésus, pas seulement ceux du passé mais ceux qui le révèlent encore aujourd’hui. Je termine par une prière.
« Seigneur fortifie notre foi, apprends-nous à ne plus douter de toi, apprends-nous à te reconnaître comme le seul et unique Messie. Donne-nous de pouvoir témoigner de ta grandeur au milieu de notre monde, et de proclamer à toutes les femmes, à tous les hommes la bonne nouvelle de l’Évangile. »
