Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 16 août 2023 – Matthieu 18, 15-20
Nous savons très bien que, pour le Christ, l’amour du prochain est de première importance.
L’Église doit se montrer capable d’accueillir, de pardonner, de se réconcilier, de permettre le retour de celui ou de celle qui s’est éloigné.
On n’a qu’à penser à l’histoire du retour de l’enfant prodigue.
Les lettres de saint Paul nous enseigne que très tôt l’Église a été confronté aux péchés de ses membres. Elle s’est demandé ce qu’il fallait faire dans ces cas-là.
Il faut remarquer que c’est toujours vrai, qu’on est souvent pris dans des conditions semblables !
Une première réaction qu’on remarque souvent, c’est de s’en laver les mains en se disant :
« Ce sont des adultes, qu’ils prennent les responsabilités de leurs gestes, qu’ils se débrouillent, ça les regarde ».
Ce n’est pas nouveau ! Déjà Caïn qui venait de tuer son frère Abel disait à Dieu « Suis-je le gardien de mon frère ? »
On ne peut pas dire que ça rejoint très bien l’évangile d’aujourd’hui !
En appelant Dieu « Notre Père », nous reconnaissons que tous les disciples de Jésus sont nos frères et nos sœurs. Et, de ce fait, nous avons une responsabilité envers eux.
Vous avez remarqué les mots que Jésus emploie dans l’évangile : « si ton frère… prends avec toi une ou deux personnes… dis-le à la communauté de l’Église… » Autant d’expressions qui nous rappellent que nous sommes des frères et des sœurs, responsables les uns des autres.
Une autre réaction qui est très répandue dans notre monde, quand des personnes ont commis des erreurs, c’est de s’empresser de les juger et de tout mettre sur la place publique. Ça se voit beaucoup sur les réseaux sociaux.
On ne brûle plus les sorcières comme dans les temps anciens, mais on tombe dans la même intolérance, le même sectarisme. Ce n’est pas mieux.
On ne peut pas dire que ça rejoint bien l’évangile d’aujourd’hui !
Si on veut aider quelqu’un à retrouver lui-même son chemin, il faut commencer par l’accueillir, l’écouter, le respecter, partager ses interrogations et ses souffrances.
Il peut arriver, au nom même de la solidarité qui nous unit, que nous ayons à faire une démarche de correction fraternelle, mais il ne faut jamais oublier que ça doit se faire dans un climat de respect et surtout dans un climat d’amour comme nous le rappelait si bien Saint-Paul : « L’amour ne fait rien de mal au prochain… l’accomplissement parfait de la Loi, c’est l’amour. »
Les derniers mots de l’évangile nous disent : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »
Pendant notre célébration, remercions Celui qui est au milieu de nous, qui nous aide toujours à nous découvrir comme des frères et des sœurs et qui ne cesse de nous apprendre le vocabulaire de l’amour et du pardon.
