Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 15 septembre 2020 – Notre-Dame des Douleurs – Luc 2,33-35
« La mère de ton Fils, debout, près de la croix, fût associée à ses souffrances. »[1]
Pas étonnant qu’en la fête de Notre-Dame des Douleurs, la lettre aux Hébreux nous place devant les souffrances de Jésus. Pas plus que nous, il n’était pas à l’abri des souffrances même si, pendant toute sa vie parmi nous, il a n’a cessé de prêcher l’amour fraternel en paroles et en actes, même s’il a prêché la miséricorde de Dieu comme personne avant lui. On l’a bien compris dimanche. Comme le roi de la parabole, il nous a remis nos dettes même si on ne sera jamais en mesure de rembourser. Pourtant il a connu les profondeurs de la misère humaine. « Il offrit avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu. »
Il savait qu’il devait aimer jusqu’au bout, que ce choix d’aimer jusqu’au bout le conduirait aux pires souffrances. « Bien qu’il soit le Fils… il fut conduit à la perfection. » Il avait confiance à son Père. Il savait qu’avec lui, il aurait la force de surmonter le pire obstacle de sa vie, sa mort sur une croix devenue glorieuse. Nous en avons pris conscience hier.
Il arrive parfois que notre vie bascule, que la souffrance s’accroche à nos jours, prenons le temps de contempler Jésus, et comme lui, faisons entièrement confiance à l’amour du Père qui trouvera le moyen de nous accompagner et de nous délivrer de tout mal, comme nous le demandons souvent dans le Notre Père.
C’est à cette souffrance de leur Fils que Marie et Joseph ont été confrontés. Comme tous les parents, ils espéraient sans doute la meilleure des vies possibles pour leur nouveau-né. Mais, lorsqu’ils l’ont présenté au Temple ce jour-là, le cœur rempli de joie sans doute, les paroles du vieillard Syméon ont assombri la joie qu’ils éprouvaient. Ils croyaient avoir reçu l’enfant de la Promesse, celui qui relèverait Israël et conduirait le peuple vers le Très-Haut. Mais voilà que Syméon prophétise le contraire : « Il sera un signe de contradiction — et toi, ton âme sera traversée d’un glaive ». Premier coup de glaive dans le cœur des parents.
Ce n’était pas le dernier. Pensons au massacre des Innocents, la fuite en Égypte. Pensons à ce qui se passait dans le cœur de Marie, lorsque son Fils avait fait la première homélie dans la synagogue de son village et que les gens se sont révoltés contre lui. Elle n’était pas sans connaître les complots contre lui, les manigances qu’on tramait, le désir des chefs d’en finir avec lui.
Marie a réalisé que les paroles du vieillard Syméon était vraies, surtout quand, impuissante au pied de la croix, elle partagera les souffrances atroces de son Fils dans son corps et dans son cœur. Mais elle sera libérée le même jour que lui, le matin de Pâques. Alors tout deviendra clair pour elle. Elle verra qu’elle avait eu raison de croire que son Fils était le Messie attendu.
Marie, Notre-Dame des Douleurs vient nous apprendre quelque chose de bien précieux. Elle nous apprend que suivre Jésus, c’est nous engager sur un chemin tortueux, et parfois douloureux, mais c’est un chemin qui débouche sur la lumière. Quand on le réalise, nous espérance est plus forte devant tout ce qui nous fait souffrir.
[1] Prière d’ouverture
