Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 15 Mars 2019
( Matthieu 5, 20-26 )
Si je vous dis que, pour Jésus, aimer, c’est la priorité des priorités, je ne vous apprendrai rien.
Tout au long de son ministère, il n’a cessé de nous amener et de nous ramener à l’amour du prochain, et c’est encore vrai dans l’évangile, aujourd’hui.
Il vient de nous dire : « Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement » […] « Eh bien ! Moi, je vous dis… »
Ces derniers mots de Jésus nous annoncent qu’il ne se contente pas du minimum et qu’il nous appelle à un profond changement. Il veut que notre justice surpasse celle des scribes et des pharisiens, il veut une autre loi, une loi d’amour marquée celle-là de la grâce divine.
Saint Paul a repris cet enseignement de Jésus dans la lettre aux Romains en disant :
« La Loi dit : Tu ne commettras pas d’adultère, tu ne commettras pas de meurtre, tu ne commettras pas de vol, tu ne convoiteras pas. Ces commandements et tous les autres se résument dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. L’amour ne fait rien de mal au prochain. Donc, le plein accomplissement de la Loi, c’est l’amour. » (Rm 13,9-10)
Je suis sûr que personne parmi nous n’est coupable de meurtre.
Mais il y a bien d’autres manières de tuer, d’empêcher quelqu’un de vivre, de se mettre en travers de son bonheur et de sa liberté, bien des manières de l’ignorer et de le faire disparaître de notre réseau.
C’est dans ce contexte que Jésus nous nous adresse trois mises en garde successives : ne pas se mettre en colère, ne pas tomber dans l’insulte et ne pas se laisser aller à la malédiction. Il y a une progression dans ces mises en garde de Jésus : ce qui commence avec la colère peut tourner à l’insulte, l’insulte elle-même peut conduire à la riposte qui, à son tour, peut entraîner la malédiction jusqu’à nous conduire à l’irréparable.
Aux yeux de Jésus, ce qu’il faut éviter d’abord, c’est tout ce qui peut empêcher quelqu’un de vivre en commençant par la colère, une colère qui ne cesse de grandir si on n’y met pas fin au plus tôt. Il nous invite à une profonde conversion du cœur et à cette loi d’amour qui commence par le calme, la bienveillance et la bénédiction.
Cette loi d’amour est la priorité des priorités pour Jésus, à tel point qu’il nous dit qu’elle passe avant l’offrande à l’autel avec tout ce que cette expression peut contenir.
Jésus lui-même est l’exemple parfait de cet amour du prochain.
Pendant sa vie jusque dans sa Passion, Jésus a été lui-même insulté, maudit, frappé outragé jusqu’à sa mort sur une croix. Sur cette croix, il a porté nos bêtises, nos péchés en déployant tout l’amour qui débordait de son cœur jusqu’au pardon de l’humanité. Il n’a résisté devant rien pour achever son œuvre de rédemption, pour apporter le salut à ceux qui le mettaient à mort et à tous les pécheurs du monde.
Il est d’une très grande importance le message de Jésus.
Il y a une seule nouvelle à la télévision depuis hier soir : des attentats dans deux mosquées en Nouvelle Zélande qui ont entraîné la mort de 49 personnes.
Pendant notre célébration, demandons à Dieu notre Père de rendre notre cœur semblable à celui de son Fils, la grâce de suivre son Fils fidèlement et avec persévérance afin d’enflammer le monde du feu de son amour.
