Mgr J-C. Dufour – 15 mai 2023 – Messe pour les travaux des champs – Marc 4,   26-29

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 15 mai 2023 – Messe pour les travaux des champs – Marc 4,   26-29

 

N.B. Pour ceux et celles qui le désirent l’homélie du jour : Jean 15, 26-16,4a,  à lire au bas de la page de celle-ci.

Dans cette petite parabole, le Seigneur nous enseigne que le royaume de Dieu peut être comparé à un homme qui répand de la semence dans son champ. Une fois le travail accompli, il s’en va dormir. Il se lève le lendemain pour retourner dans son lit à la fin de la journée. Il se lève à nouveau et plus tard, il retrouve le sommeil.
Ça se déroule tout l’été… jusqu’à ce que la semence commence à percer la surface du sol.  On voit d’abord la tige des plantes.  Puis apparaît l’épi.  Et finalement, nous avons le fruit.  Arrive alors le temps de la moisson.

Il y a comme trois grands moments dans cette petite parabole : le temps de l’ensemencement, le temps de la croissance et celui de la récolte. Dans cette petite histoire, Jésus nous donne l’occasion de méditer sur la façon d’agir de notre Dieu.

Le temps de l’ensemencement !
Dieu, c’est le premier semeur.  La première lecture nous le disait.  Ce n’est pas croyable de constater comment la nature chez nous a changé en l’espace de deux semaines.
Il y a de quoi être en admiration devant les verts les plus tendres de l’année, devant les arbres qui s’épanouissent, devant la beauté des fleurs qui jaillissent.
Tout ça sans qu’on ait quelque chose à faire !
Hier, à la télévision, on nous montrait un champ de tulipes dans un village ontarien, un champ de 350000 tulipes, de toutes couleurs.  Ça nous donne le goût de chanter « Que tes œuvres sont belles, que tes œuvres sont grandes ». 

Et puis, il y a le temps de la croissance.
De nombreuses tâches attendent le fermier, mais Jésus n’attire pas notre attention là-dessus.  C’est vrai que le fermier peut en faire beaucoup pour favoriser la croissance, mais le pouvoir de faire croître ne dépend pas de lui.  Il ne détient pas la puissance qui engendre la vie.
« La semence germe et grandit, il ne sait comment. »  Seul Dieu peut faire croître la semence.
Il en est de même dans le Royaume des cieux : la création et la croissance de la foi sont l’œuvre de Dieu seul.

« Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence. »
Le Règne de Dieu, c’est son emprise sur nos cœurs d’homme et de femmes.  Comme pour le semeur, tout se passe dans le temps de Dieu.  C’est Dieu le maître d’œuvre.  Et vous l’avez sans doute remarqué, le Royaume de Dieu grandit d’une manière cachée comme la semence, dans l’effacement et la modestie, mais on peut lui faire confiance, c’est Dieu qui programme la semence.

Enfin arrive le temps de la moisson !
Ce que le Seigneur attend de nous, c’est que nous restions une bonne terre, une terre accueillante.  Alors la semence qui est la parole de Jésus semée dans la terre de notre cœur devient herbe, puis épi, et enfin du grain plein l’épi, pas selon le rythme qu’on voudrait, mais selon le rythme de notre Dieu.

Ainsi, un jour, à l’heure que Dieu choisira, notre vie sera prête pour la moisson.

 

C’est ici pour l’homélie du jour

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 15 mai 2023 – Jean 15,26-16,4a

On pourrait facilement penser que la résurrection du Christ va mettre fin à tous nos problèmes, comme si Jésus venait nous dire : « Suivez-moi, croyez en moi et tout ira sur les roulettes;  vous n’aurez plus de soucis. »
Ce n’est pas ce qu’il vient nous dire dans l’évangile, ce matin.  Il  prévient ses disciples qu’ils rencontreront des difficultés sur leurs chemins : ne soyez pas scandalisés « on vous exclura des assemblées… tous ceux qui vous tueront s’imagineront rendre un culte à Dieu. »
Si être chrétien, ce n’est pas à la mode aujourd’hui,  on se rend compte que ce n’était pas plus à la mode au moment où saint Jean écrit son évangile.

Parce que, quand on se dit chrétien,  on vit à contre-courant du monde.  Cela a toujours été comme ça, même à une époque où tout le monde se déclarait chrétien.  Un chrétien, c’est quelqu’un qui témoigne qu’on peut effectivement imiter Jésus.
Ça ne fait pas plaisir à tout le monde comme Jésus n’a pas fait plaisir à tout le monde, à tel point qu’il a été mis à mort.  Il nous le disait déjà samedi dernier dans l’évangile : « si le monde a de la haine contre vous, sachez qu’il en a d’abord eu contre moi. »
Il faut toujours garder à l’esprit que parfois notre témoignage est vu comme une accusation.

Voilà pourquoi Jésus promet d’envoyer un Défenseur à ses disciples, l’Esprit de vérité.  Et de fait, nous allons le célébrer bientôt, les apôtres vont recevoir l’Esprit Saint en plénitude le jour de la Pentecôte.  C’est dire qu’ils deviendront forts dans la foi au point de témoigner du Seigneur jusque dans la mort.

Aujourd’hui, c’est nous qui sommes  appelés à témoigner de notre foi dans notre monde, à la manière des Apôtres.
Nous avons reçu l’Esprit Saint le jour de notre baptême et de notre confirmation, c’est-à-dire que nous avons accepté de vivre sous sa grâce.

Laissons l’Esprit saint parler à notre cœur et nous guider?