Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 15 juin 2024 – Matthieu 5, 33-37
« Que votre parole soit « oui », si c’est « oui », « non », si c’est non ».
Jésus respectait trop les hommes et les femmes à qui il s’adressait. Il aimait bien trop les personnes pour leur apporter autre chose que lui-même. On peut dire que sa parole coïncidait avec son être profond, qu’il y avait une parfaite concordance entre ses gestes et ses paroles.
Aussi, en s’adressant aux Corinthiens, saint Paul leur disait :
« Le Fils de Dieu, le Christ Jésus,… n’a pas été « oui et non » ; il n’a été que « oui ». Et toutes les promesses de Dieu ont trouvé leur « oui » dans sa personne. Aussi est-ce par le Christ que nous disons à Dieu notre « amen », notre « oui », pour sa gloire. »
(2 Cor, 1,19-20)
Dans la même lettre, saint Paul affirme que lui et Timothée ne sont pas allés chez eux avec des « oui » et des « non » en même temps. Ils ont toujours parlé, ils ont pensé avec les paroles de Jésus et ils vivent imprégnés des paroles de Dieu. Il n’y avait aucune contradiction chez eux entre leur manière de vivre et leur annonce de Jésus.
Pour Jésus, la parole doit demeurer un chemin sacré entre les personnes. Il en est ainsi pour nous. Notre parole est un chemin que nous prenons pour aller vers l’autre ; elle doit être un chemin que l’autre peut prendre avec confiance en venant vers nous. Un disciple de Jésus, c’est quelqu’un qui dit « oui » à tout ce qui va selon l’évangile et ses valeurs, à tout ce qui peut faire grandir les hommes et les femmes. À l’inverse, il dira « non » à tout ce qui contredit l’évangile et ses valeurs, mais il le dira sans violence, sans amertume, sans rejeter les personnes, mais il le fera avec la détermination qui s’impose.
Ce matin, nous célébrons la messe en l’honneur de la Vierge Marie, Mère de l’Église.
Chez elle aussi, il y avait une parfaite concordance entre sa vie et sa parole : « qu’il me soit fait selon ta parole. » Pendant toute sa vie, Marie a conservé cette réponse dans son cœur. Ce n’était pas un « oui » à moitié. Elle a vécu sa réponse avec tellement de profondeur qu’on a du mal à la suivre sur le même chemin. Son « oui » s’exprime très bien dans les beaux mots de la préface que je vais exprimer tantôt:
« En accueillant ton Verbe dans un cœur immaculé, elle a mérité de le concevoir dans son sein virginal. En donnant le jour à son Créateur, elle veillait déjà sur les débuts de l’Église. En recevant au pied de la croix le testament du Dieu d’amour, elle accueillait comme ses fils tous les hommes… Quand les apôtres attendaient l’Esprit que tu avais promis, elle a joint sa supplication à celle des disciples… »
Et la suite continue dans le même sens.
Demandons à Marie, notre Mère,
de nous accompagner pour que nos « oui »
ne soient jamais des « oui » à moitié,
mais des « oui » authentiques
à sa manière à elle et à la manière de
son Fils, Jésus.
