Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 15 janvier 2022 – Marc 2, 13-17
Aujourd’hui, nous honorons la Vierge Marie, parce que, comme dit l’antienne d’ouverture, elle a mis au monde celui qui l’a faite. Grâce à elle, nous pouvons compter sur celui qui nous dit dans l’évangile : « Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs », sur d’un Dieu de miséricorde.
L’évangile, ce matin, vient nous en apprendre beaucoup sur ce que Jésus veut faire en notre faveur.
Dans l’évangile, Marc nous dit : « Jésus sortit de nouveau le long de la mer… il aperçut Lévis assis au bureau des impôts. » Lévi est assis au bureau des impôts, c’est-à-dire prisonnier de son métier, prisonnier d’une mauvaise réputation, empêché d’être libre et de prendre sa vie en main. Jésus lui dit sans tarder « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit. »
On voit tout de suite que c’est Jésus qui lui permet de se lever et de marcher.
C’est toujours lui, Jésus, qui nous permet de nous lever et de marcher, qui vient ressusciter la vie en nous.
C’est déjà très beau de voir Lévi se lever et suivre Jésus, mais on a une belle petite surprise. Il se lève et suit Jésus, mais pour aller où ?
C’est vraiment curieux, chez lui, dans sa propre maison. C’est très parlant !
Marc nous dit que Jésus nous conduit d’abord à l’intérieur de notre propre maison, à l’intérieur de nous-mêmes, au plus profond de notre être parce que c’est là qu’il veut nous rencontrer, là qu’il veut habiter.
Ensuite, saint Marc nous fait remarquer qu’il y avait « beaucoup de publicains et de pécheurs » à la maison ; il insiste « beaucoup de monde », tous avec Jésus et ses disciples.
Si Jésus conduit Lévi à l’intérieur de lui-même, il l’amène aussi à vivre avec des sœurs et des frères, avec le Christ, en Église.
Suivre le Christ, être avec le Christ, c’est une démarche personnelle, mais c’est aussi une démarche communautaire, en Église, avec le Christ.
Saint Marc nous remet devant la mission de Jésus : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »
Aujourd’hui, Jésus mange avec des publicains et des pécheurs qui d’après les scribes, sont exclus de l’accès à Dieu.
C’était, par exemple, le cas des bergers et de bien d’autre.
En mangeant avec eux, Jésus leur fait déjà comprendre qu’ils ne sont pas des exclus, que Dieu les aime.
Plus tard, il annoncera que le Dieu de miséricorde ressemble à un berger qui cherche la brebis perdue, à la femme qui cherche la pièce de monnaie perdue, à ce père qui attend le retour de son fils perdu.
Aujourd’hui, nous faisons mémoire de celle qui a porté le Créateur de l’univers. Nous faisons mémoire de la Mère du Fils de Dieu en espérant qu’il nous comble de la plénitude de sa grâce.
Jésus a conduit Lévi dans sa propre maison, c’est-à-dire à l’intérieur de lui-même. Ainsi, Jésus a habité dans cette maison qui était le cœur de Marie.
Il a habité le corps d’une jeune fille qui a accepté d’être la mère du Sauveur. On sait que Marie a souvent médité et gardé bien des événements dans son cœur. Elle connaissait peut-être l’appel de Lévi. Elle-même disciple de Jésus, elle coopère à la mission de Celui qui venait d’appeler beaucoup de publicains et beaucoup de pécheurs.
Faisons déjà nôtre la prière après la communion qui nous dit : « Alors que nous faisons mémoire de la Mère de ton Fils, Seigneur, comble-nous de la plénitude de ta grâce et fais-nous éprouver toujours davantage les effets du salut. »[1]
[1] Prière après la communion.
