Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 15 janvier 2021 – Marc2, 1-12
Le Prions en Église titre la messe d’aujourd’hui : « Temps ordinaire. Pour demander pardon de nos péchés. »
Une dame qui participait à une rencontre de prière venait de comprendre qu’au moment de se donner la paix, on pouvait demander pardon aussi. Avec la meilleure volonté du monde, au moment de l’échange de paix, elle demanda pardon à un animateur. Étonné, celui-ci demanda ce qu’elle lui avait fait pour ainsi demander pardon. Rien ! répondit-elle. Il trouva que le pardon était inutile.
Si, dans cette messe, on demande le pardon de nos péchés, la première chose qui s’impose, c’est de prendre conscience de nos péchés, de ceux qui touchent nos relations avec les autres ou avec Dieu. Et puis, on peut bien penser aux tentations de Jésus : tentation de l’avoir, du pouvoir, de la gloire. Ce n’est pas pour rien que chaque messe débute par une démarche pénitentielle.
Dans l’évangile, ce matin, nous sommes invités à entrer dans l’espérance des hommes qui descendent un paralysé devant Jésus. Il ne s’attendait pas à ce que Jésus prononce une parole qui va semer le trouble dans l’auditoire : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés. »
Qui attendait une parole pareille ? Sûrement pas le paralytique qui attendait bien plus une guérison du corps qu’une absolution de ses fautes. Sûrement pas la foule ni les scribes et les pharisiens scandalisés d’entendre Jésus s’octroyer un pouvoir que seul Dieu possède. Et pourtant Jésus dit très clairement : « Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir de pardonner les péchés ». Il dit au paralysé « Lève-toi, prends ton brancard, et rentre dans sa maison ».
À nouveau, Jésus va à l’essentiel. On demande la santé du corps ; il donne la liberté du cœur. On réclame de pouvoir agir ; il donne d’être selon Dieu. En accomplissant un miracle, il démontre la puissance agissante de sa Parole. Il peut pardonner, c’est clair. On peut prier pour demander pardon de nos péchés.
Il y a une autre chose qui est source d’espérance pour nous. Ces quatre hommes qui descendent le paralysé devant Jésus sont une image de l’Église. Dans la manœuvre de ces hommes, qui portent le paralysé, le montent sur le toit, font un trou dans la toiture et le descendent aux pieds de Jésus, celui-ci discerne une grande foi : « Voyant leur foi, dit l’Évangile, Jésus dit au paralysé “Mon fils, tes péchés sont pardonnés.” Ils ont une foi décidée, active, presque impatiente. Leur foi se traduit en charité. Le paralysé n’a rien demandé, ce sont ceux qui le portent. C’est l’Église, comme nous faisons aujourd’hui, qui demande le pardon des péchés.
« Tous étaient stupéfaits et rendaient gloire à Dieu en disant : ‘Nous n’avons jamais rien vu de pareil ».
Si Jésus est venu parmi nous, c’est pour nous réconcilier avec son Père. Et le Seigneur n’attend pas que nous parvenions par nos propres forces à cette communion avec lui, il vient vers nous, en Jésus, pour purifier, affermir et illuminer notre cœur. Le Seigneur nous fait miséricorde, il nous pardonne nos fautes et nous donne part à la vie éternelle.
À chaque Eucharistie, nous confessons que nous ne sommes pas dignes de le recevoir, mais il suffit qu’il dise seulement une Parole pour que nous soyons guéris.
Aujourd’hui, puissions-nous, dans la foi, reconnaître en Jésus et avoir la joie d’entendre nous aussi cette parole de guérison et de salut :
« Mon fils, tes péchés sont pardonnés.»
