Mgr J-C. Dufour- 15 avril 2020 – Actes des Apôtres 3,1-10

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 15 avril 2020 – Actes des Apôtres 3,1-10

 

Pierre et Jean s’en allait à la prière de l’après-midi, à la neuvième heure.  C’est bien curieux!  C’était à cette heure-là que Jésus avait crié d’une voie forte :  « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ».  À cette heure-là encore, on amenait  à la porte du Temple un homme infirme de naissance.   Comme il  a dû se sentir abandonné.  Pauvre homme, depuis toujours il était couché,  incapable de marcher.   Il a dû rêver de pouvoir se lever et marcher comme tous ceux qui passaient à côté de lui.  Ce serait une véritable résurrection.  Mais non,  à la neuvième heure, on l’installait chaque jour à la porte du Temple où il ne pouvait même pas entrer pour aller prier.  Il restait sur le seuil, à la porte.

Ce jour-là, comme toujours, il demandait l’aumône à ceux qui passaient par là,  eux qui pouvait entrer dans la maison de Dieu.  Arrive Pierre et Jean qui allaient au Temple pour prier, et comme d’habitude, il leur demanda l’aumône à eux aussi, s’attendant à recevoir quelque chose de leur part.    Mais il a reçu plus que l’or et l’argent.

« D’un bond, il fut debout et il marchait.  Entrant avec eux dans le Temple, il marchait, bondissait et louait Dieu. »   Bien sûr,  ça ne ressemblait pas à la résurrection de Lazare qui, mort depuis quatre jours, était sorti du tombeau, encore moins à celle de Jésus qui n’avait pas vécu un retour à la vie, mais il avait reçu une vie nouvelle.   Ce moment, pour l’infirme était pour lui un puissant retour à la vie.  Un homme couché depuis sa naissance,  qui ne pouvait entrer dans le temple,  qui est debout, qui marche, bondit, et loue Dieu.  C’était assez pour que « les gens soient frappés de stupeur et désorientés devant ce qui lui était arrivé. »

Ce jour-là, Pierre et Jean ont appelé quelqu’un qui était couché depuis sa naissance à se mettre debout,  mais ce pouvoir qu’ils ont manifesté, d’où venait-il?  De la résurrection de Jésus.  Ils sont des témoins de cette résurrection,  et non parce que, un bon matin, ils ont couru au tombeau qu’ils ont trouvé vide.  Ils n’ont trouvé que des bandelettes et un linceul roulé à part.

Le vendredi précédent,  ils ressemblaient à l’infirme de naissance.  La passion du Christ et sa mort sur une croix les avaient étendus par terre.  Pierre avait trahi et pleuré amèrement,  les Apôtres étaient dispersés;  c’était un temps d’angoisse, de larmes et de détresses.  Fini l’espérance.   Eux aussi étaient passés par la mort avec le Christ.

Et voilà que Jésus ressuscité leur apparait, leur souhaitant la paix,  montrant ses plaies, demandant l’amour de Pierre sur le bord du lac.  Sa résurrection les remet debout, leur donne une joie, une force, une liberté qu’ils n’ont jamais connue.   Ils étaient semblables à l’infirme de naissance;  Jésus est passé, il les a remis debout.   Ils sont entrés dans une nouvelle vie, ils peuvent maintenant proclamer à tous ceux qui sont empêcher de marcher dans l’existence :  « Au nom de Jésus Christ, le Nazaréen, (ressuscité d’entre les morts),  lève-toi et marche ».