Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 15 Avril 2019 – Lundi saint
( Jean 12, 1-11 )
Il y a trois traits dans cet évangile qui devraient nous marquer : la communion, le service et l’adoration.
« On donna un repas en l’honneur de Jésus. » Un repas, c’est toujours un moment de communion. Les convives sont là pour partager la joie.
Ensuite, il y a le service. Saint Jean nous dit simplement que « Marthe faisait le service. »
Marie, de son côté, verse un parfum de très haute qualité sur les pieds de Jésus qu’elle essuie avec ses cheveux, moment d’adoration.
Je m’arrête sur le geste de Marie.
Dans la méditation du Prions en Église, aujourd’hui, on écrit : « Par son geste, Marie, la sœur de Lazare, semble dire : « Il n’y a rien de trop beau pour mon Seigneur quand il se trouve dans ma maison. » Elle nous rappelle ainsi que chaque moment passé en compagnie de Jésus est une grâce inestimable. »
On voit que Marie est une femme extraordinairement intuitive. Ce jour-là, six jours avant la Pâque, alors que tout le monde fêtait Jésus qui avait ressuscité Lazare, elle est la seule à deviner ce qu’il y avait dans le cœur de Jésus. Alors que son frère venait de retrouver la vie grâce à Jésus, elle pressent que c’est le contraire pour Jésus ; lui s’en va vers la mort.
Si le geste de Marie en est un de gratitude, de profond respect, d’adoration, on voit qu’il prend racine dans un amour authentique et vrai. On sait que ses gestes envers Jésus lui attiraient des reproches. Lors d’une première visite chez Lazare, sa sœur Marthe demandait à Jésus d’intervenir pour que Marie l’aide dans le service, mais Jésus lui avait dit que Marie avait choisi la meilleure part. Aujourd’hui, c’est Judas qui intervient : « regardez-moi ce gaspillage. » Tous ces reproches auraient bien pu la paralyser, mais il n’en est rien.
Comme il l’avait fait la première fois, Jésus prend sa défense parce qu’il a vu l’amour qu’il y avait dans son cœur, un amour qui donne toute leur valeur aux sacrifices. Il voit en elle une femme capable de tous les courages, prête à s’oublier pour entrer dans les désirs de son Seigneur, dans le mystère du plan ce Dieu.
Et comme ce mystère lui échappe et dépasse tout ce qu’elle pourrait dire, elle l’exprime en posant un geste évocateur. Ce qu’elle voulait dire, Marie l’exprime avec son parfum et ses cheveux, un geste démesuré, un peu fou comme celui que nous allons vivre avec Jésus cette semaine.
Comme Marie, profitons des jours de cette semaine pour exprimer notre gratitude et notre amour pour le Christ, pour le Fils de Dieu qui a donné sa vie pour nous.
Pour répondre à l’amour du Christ, nous pouvons méditer sur cette exhortation de saint Paul aux Romains :
« Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait. » (Rm 12,2)
Une manière de répondre à la tendresse de Dieu !
