Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 15 août 2022 – Assomption de la Vierge Marie – Luc 1, 39-56
Une belle rencontre entre Élisabeth plus âgée et la jeune Marie. C’est toute l’histoire sainte qui est là : Élisabeth, qui en raison de son âge, est l’image de tout l’Ancien Testament et ses longs siècles de préparation, et Marie, toute jeune, toute rayonnante, sans tache ni ride, qui annonce la nouveauté.
Ces deux femmes si différentes ont une chose en commun, leur maternité. Une maternité qui fait partie du plan de Dieu et qui les engage, une maternité qui nous montre que rien n’est impossible à Dieu. Leurs deux enfants sont les enfants de l’impossible : Élisabeth était stérile et Marie avait décidé de rester vierge. Par miracle, un des enfants est le fils de Zacharie ; par miracle, l’autre enfant est le fils de Marie, le propre Fils de Dieu.
« Élisabeth fut remplie de l’Esprit saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes ».
Elle s’efface devant la jeune mère du Messie ; elle donne sa vraie place à Marie en ajoutant que son enfant a tressailli d’allégresse en entendant la salutation de Marie comme pour dire que le futur Jean-Baptiste avait tout compris avant elle. Elle déclare Marie, heureuse, parce qu’elle a cru aux paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur.
Il ne faut pas s’étonner de voir l’Église célébrer la gloire de Marie avec Dieu au terme de sa vie terrestre. Il ne faut pas s’étonner de voir Marie entrer directement dans la gloire de Dieu avec son corps ? Non, il ne faut pas s’étonner parce qu’elle a été choisie par l’Esprit saint pour être la mère du Fils de Dieu. Elle est la mère du Seigneur, elle est bénie entre toutes les femmes, comme le déclare Élisabeth. Marie est ce trésor en qui Dieu a placé son cœur, son avenir, son projet de salut. Elle est la première à dire « oui » et à suivre Jésus jusqu’à la croix sans aucune trahison.
Imaginez le regard de Marie sur Jésus. Quelle profondeur ! Quelle admiration ! Personne mieux que sa mère n’a vécu aussi proche de Jésus. D’habitude, on dit qu’un enfant ressemble à son père ou à sa mère, cette fois, c’est le contraire. Ce n’est pas son fils qui lui ressemble, c’est Marie qui ressemble à son fils.
Ce n’est pas pour rien qu’elle a été déclarée bienheureuse depuis des générations. Elle a tellement contemplé son Fils qu’elle est devenue la première à rentrer chez Dieu avec son corps glorifié, la première à habiter chez Dieu, la première d’une multitude de ressuscités.
La fête de l’Assomption nous annonce l’avenir qui est réservé à ceux et celles qui contemplent Jésus jusqu’à lui devenir semblable. Pendant toute notre vie, nous passons du temps à regarder Jésus dans les événements que nous vivons, dans sa Parole, dans les sacrements, à le regarder dans l’Eucharistie et dans adoration de Jésus hostie. Comme Marie, nous cherchons à ressembler à Jésus. La fête de l’Assomption nous dit aussi que nos corps, nos vies humaines sont destinés à être transfigurés.
En Marie, Dieu a visité Élisabeth et Jean-Baptiste dans la plus grande discrétion. Lui qui est doux et humble de cœur vient toujours nous visiter dans l’intimité comme dans l’Eucharistie ce matin. Notre foi et notre espérance sont souvent fragiles. Aussi, de la part de Dieu, Marie vient nous visiter pour nous redire :
« Tu ne sais pas combien le Seigneur est proche de toi ! »
À nous maintenant de nous étonner comme Élisabeth de voir ce que le Seigneur fait pour nous et de dire avec elle :
« D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? »
