Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 15 août 2020 – Assomption de la Vierge Marie – Luc 1,39-56
« Marche avec nous, Marie sur nos chemins de foi. Ils sont chemin vers Dieu. »[1]
Savez-vous qu’aujourd’hui, 15 août, c’est le seul jour de l’été dédié à la Vierge Marie? Jour d’une grande importance chez nous, tout particulièrement en Acadie où ce jour est fête nationale! Savez- vous encore que la fête de l’Assomption est une des rares célébrations qui ne s’appuient pas explicitement sur la bible, mais sur « le bon sens » des fidèles, sur l’expérience spirituelle du peuple chrétien qui, depuis le 5e siècle, croit que Marie, la première, a connu la gloire éternelle dans son corps et son âme?
La première lecture tirée de l’Apocalypse est un peu déroutante parce qu’elle fait partie d’un livre écrit pour des chrétiens persécutés. C’est la raison pour laquelle il utilise un langage codé que seuls les chrétiens sont en mesure de comprendre. La femme qui engendre l’Église. Le dragon représente les forces du mal mais aussi l’empire romain totalitaire et persécuteur. Contre le Messie, le dragon ne peut rien. Il faut comprendre que toutes les visions nous annoncent la victoire du Ressuscité sur les forces du mal.
Dans la tradition, l’Église a toujours vu en Marie, la mère de Jésus, la mère du Messie, la mère du Ressuscité victorieux du dragon. Aussi, nous pouvons toujours compter sur elle dans nos combats contre les forces du mal. Comme le dit un très beau chant : « La première en chemin, Marie, tu nous entraînes à risquer notre « oui » aux imprévus de Dieu. Et voici qu’est semée dans l’argile incertaine de notre humanité, Jésus-Christ, Fils de Dieu. » Oui, Marie ne cesse de nous renvoyer au Christ, vainqueur du péché et de la mort. Elle ne cesse de nous dire comme aux serviteurs aux noces de Cana : « Faites tout ce qu’il vous dira. »
Saint Paul, dans La deuxième lecture ne parle pas directement de Marie, mais, il nous rappelle que Jésus est le premier ressuscité d’entre les morts. C’est lui qui nous ouvre le chemin. Et quel chemin! Marie y occupera une place de choix. Grâce à la résurrection de Jésus, elle est la première à bénéficier de la résurrection de son corps et de son âme. C’est avec elle, avec tous les saints, avec vos sœurs déjà en Paradis, que nous sommes appelés à la résurrection.
Dans l’Évangile, l’ange Gabriel annonce à Marie qu’elle sera la mère du Sauveur. Il lui apprend, par la même occasion, que sa cousine, Élisabeth est enceinte, elle aussi, ne l’oublions pas, du futur Jean-Baptiste, et elle se met en route. La rencontre entre les deux cousines est une explosion de joie : joie d’Élisabeth et Magnificat de Marie. C’est bien plus qu’une rencontre entre deux cousines; c’est la rencontre de deux alliances, l’ancienne avec Élisabeth et la nouvelle avec Marie. C’est une manière de nous dire que Dieu qui vient visiter le peuple de l’ancienne alliance.
En allant donner un coup de main à son cousine Élisabeth, Marie a déjà Jésus en elle. Elle nous rejoint nous aussi chaque fois que nous l’appelons. Du haut de la croix, Jésus dit à Jean « Voici ta mère », et à Marie « Voici ton Fils ». À partir de ce jour-là, le disciple la prit chez lui. N’hésitons pas à prendre Marie chez nous et à lui donner une place d’honneur. Nous pouvons toujours compter sur elle.
Aujourd’hui, rendons grâce à Dieu de nous avoir donné un si beau cadeau, celui de sa Mère, de celle qui n’a toujours eu qu’un seul souci : « que tout m’advienne selon ta parole », disait-elle à Gabriel. Pour elle, l’assomption est le couronnement de son aventure de croyante. Ce sont ses mots « que tout m’advienne selon ta parole » qui font en sorte qu’elle s’épanouit dans le paradis.
Avec Élisabeth, nous pouvons affirmer de tout cœur : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ».
Que l’expérience de Marie soit aussi la nôtre.
[1] Paroles du chant : « La première en chemin, Marie » de Raymond Fau.
