Mgr J-C Dufour-14 septembre 2018-La Croix Glorieuse–Jean 3, 13-17

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 14  Septembre 2018 – La Croix Glorieuse

( Jean 3, 13-17 )

 

Nous sommes touchés et remplis d’admiration quand nous voyons des personnes témoigner de leur courage, de leur persévérance et du don d’elles-mêmes. On peut penser à ces personnes qui se dévouent jour et nuit au chevet d’un malade. Je pense à une dame qui était séparée de son mari depuis des années et, un jour, apprenant qu’il était atteint d’un cancer, elle était revenue près de lui pour en prendre soin jusqu’à son décès. On peut penser à ces hommes et ces femmes qui consacrent leur vie à une cause humanitaire au péril de leur vie, à ces jeunes qui sacrifient leurs vacances pour s’engager dans un projet missionnaire, comme l’indique une affiche à l’entrée du couvent. Autant de situations qui nous émerveillent !

 

Avons-nous la même admiration et même encore plus devant Jésus qui ne cesse jamais de se donner par amour pour nous à chaque Eucharistie ?
Prisonnier de la routine ou de l’habitude, on peut passer à côté de ce moment où on fait mémoire du sacrifice de Jésus, à côté de ce miracle qui s’opère sous nos yeux en accordant plus d’attention au voisin ou à la voisine, à la musique ou à l’homélie.
Saint Paul vient de dire aux Philippiens
« qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père. »
Osons admirer Jésus qui a pris la condition de serviteur pour nous sauver en allant jusqu’à mourir sur une croix.

 

Dans l’évangile, Jésus rappelait à Nicodème l’épisode du serpent de bronze que Moïse avait élevé dans le désert. À ce moment-là, ça n’allait pas bien pour le peuple dans le désert parce que beaucoup de gens mouraient. Alors le Seigneur lui-même vient au secours de son peuple en utilisant un signe connu : le serpent enroulé autour d’un bâton, symbole de guérison. Saint Jean nous rappelle ce moment pour nous montrer qu’une fois encore, Dieu vient au secours de son peuple pour lui apporter le salut, pas par un symbole cette fois, mais par son propre Fils élevé sur une croix.

 

Dans le désert, en croyant à la puissance de Dieu, les israélites levaient les yeux vers le serpent de bronze pour être sauvés. Maintenant, c’est vers Jésus en croix que nous levons les yeux et dans la foi, nous accueillons le salut qui nous est offert.

 

En écrivant mon homélie, je me suis souvenu d’un beau texte de Jean Debruynne sur le signe de la croix. Je vous le lis en terminant :

« La main sur le front,
je voudrais écrire Dieu sur tous mes rêves.
Je voudrais marquer Dieu sur toutes mes idées.
Je voudrais que la main de Dieu soit sur toutes mes pensées.
Je voudrais que l’imagination de Dieu me fleurisse dans la tête
pour que j’invente d’autres manières d’aimer,
d’autres bonjours et d’autres fêtes.


La main sur le cœur,
je voudrais dire Dieu, je voudrais chanter Dieu
avec tous les mots de mon amour.
Je voudrais planter Dieu dans tous les jardins de ma tendresse.
Je voudrais que le désir de Dieu me fleurisse le cœur
pour que j’invente d’autres fontaines de bonheur.


La main qui fait la traversée et le voyage
depuis une épaule jusqu’à l’autre,
je voudrais écrire Dieu sur tout moi-même,
je voudrais m’habiller de Dieu de haut et bas
et d’une épaule à l’autre.


Je voudrais être une fenêtre grande ouverte
sur le monde et sur la mer, sur le ciel et sur mes frères…
Je voudrais que le grand vent de l’Esprit…
souffle d’un bout du monde à l’autre…
un évangile avec ses bras grands ouverts,
un grand amour sans verrou,
un amour qui n’oublie personne. »   

Jean Debruynne, Eucharistie.