Mgr J-C. Dufour 14 octobre 2024 – Jour de l’Action de grâce – Marc 5, 18-20

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 14 octobre 2024 –  Jour de l’Action de grâce – Marc 5, 18-20

 

Nous sommes rassemblés aujourd’hui pour dire « merci », pour rendre grâce. C’est le plus beau geste de la vie humaine. Pour dire merci, il faut apprendre à recevoir, à apprécier le geste de la personne qui donne, lui être redevable. Dire merci c’est garder au cœur la mémoire d’un bienfait reçu.

Une jeune convertie disait qu’en grandissant spirituellement, on s’attache moins aux dons et beaucoup plus au donateur, à Dieu pour tout ce qu’il nous donnait.
Je pense à quelques phrases de la prière eucharistique : « Nous te rendons grâce, car tu nous as estimés dignes de nous tenir devant toi pour te servir », et à cette autre : « À toi, Dieu le Père tout puissant, tout honneur et toute gloire. » C’est tout cela qui se poursuit dans les textes d’aujourd’hui.

C’est ce qu’on voyait dans l’évangile. Le possédé avait reçu de Jésus un cadeau incomparable, la délivrance, la liberté, la paix, mais lui aussi s’attache d’abord au donateur. Il suppliait Jésus de pouvoir être avec lui, mais Jésus luit dit : « Annonce-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde. » « Alors l’homme s’en alla, il se mit à proclamer… ce que Jésus avait fait pour lui. »
Saint Paul nous disait la même chose dans la 1re lecture : « Je ne cesse de rendre grâce à Dieu à votre sujet, pour la grâce qu’il vous a donnée dans le Christ Jésus. »

Nous attacher moins aux dons et plus au donateur.

Rendre grâce, c’est avant tout accueillir la vie de Dieu; c’est apprendre à se recevoir soi-même comme un don de Dieu, à nous découvrir de plus en plus comme des partenaires de Dieu. En nous levant, chaque matin, il faut apprendre à dire merci à la vie, merci à Dieu. Il nous faut apprendre à n’être qu’un chant, qu’un cri d’émerveillement devant la grâce que Dieu nous fait.

Rendre grâce, c’est remporter une victoire sur le découragement, l’apitoiement sur soi, le doute, l’incrédulité. Quand on prend le temps de nous rappeler des bontés de Dieu, on n’a pas de doute, on a l’assurance qu’il va agir encore dans les temps à venir.

Rendre grâce, c’est déclarer au monde que notre Dieu est un Père pour nous, un ami, un libérateur.

Rendre grâce, c’est avoir l’assurance de Jésus qui nous réserve toute une surprise devant le tombeau de son ami Lazare en rendant grâce : « On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » (Jean 11, 41, 42)

Nous avons de multiples raisons de rendre grâce au Seigneur aujourd’hui :
pour avoir la joie de nous retrouver dans cette chapelle,
pour la vie de chaque jour
pour les biens dont il nous comble,
pour les joies de l’été qui s’achève,
pour le don des récoltes,
pour les beautés de la création.

Entrons dans l’Action de Grâce par excellence.

Rendons grâce au Seigneur qui se donne à nous dans cette Eucharistie;
il est la source de tout bien.