Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 14 octobre 2020 – Galates 5, 18=23
Saint Paul commence la première lecture en disant : « Si vous vous laissez conduire par l’Esprit. » Et pour nous permettre d’aller plus loin, il nous dit « Voici le fruit de l’Esprit ».
On ne pourra jamais s’identifier comme disciples du Christ seulement par des belles paroles. C’est lui qui nous le disait : « Ce ne sont pas ceux qui me disent de Seigneur, Seigneur », qui vont entrer dans le royaume des cieux, mais ceux et celles qui font la volonté de mon Père. » Il ne faut pas oublier que Jésus a condamné le figuier stérile, qu’il a réprouvé le serviteur inutile qui a enterré son talent. Aujourd’hui, dans l’évangile, il reproche aux pharisiens de passer à côté de l’amour de Dieu, de tout faire pour bien paraître, de faire porter de lourds fardeaux aux autres qu’ils ne peuvent même pas remuer du doigt.
L’abbé Pierre disait souvent : « À la fin de notre vie, on ne nous demandera pas si on a été croyants, mais si nous avons été crédibles », autrement dit si nous avons vécu nos engagements chrétiens de façon cohérente.
Notre foi se développe quand elle joue un rôle actif dans notre vie de tous les jours, quand elle porte du fruit. Porter du fruit ne veut pas dire faire des choses extraordinaires, ça veut dire bien faire les choses ordinaires. Éclairés par l’Esprit Saint, nous pouvons produire le fruit de l’Esprit que Saint Paul mentionne dans la première lecture : « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. »
Saint Paul dit : « voici le fruit de l’Esprit ». Il parle du fruit de l’Esprit, puis tout de suite après, il en nomme neuf. Qu’est ce qu’il faut comprendre ? C’est vrai que le fruit de l’Esprit est unique, c’est l’amour. Les signes de l’amour sont la joie et la paix. Les manifestations de l’amour sont la patience, la bonté, la bienveillance. Les conditions pour que cet amour s’épanouisse sont la fidélité ou la foi qui est à l’origine de l’amour ; la douceur qui est l’attitude des humbles qui se laissent conduire par leur Père céleste, comme Jésus l’a fait ; et la maîtrise de soi.
Dieu a besoin de nous pour créer un monde meilleur, un monde de respect, de fraternité et d’amour. Il a besoin de nos mains, de nos pieds, de notre cœur dans un univers souvent sans merci pour les plus faibles. Quand nous sommes unis au Christ, comme les sarments à la vigne, l’Esprit de Jésus qui travaille à l’intérieur nous donne son fruit, son amour. Alors nous nous aimons les uns les autres et nous porterons beaucoup de fruits. « Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit. » (Jean 15,5)
