Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 14 Octobre 2018 – 28e Dimanche Ordinaire « B » ( Marc 10, 17-30 )
Liturgie des Heures : semaine : IV
L’avez-vous remarqué ? On ressemble beaucoup à l’homme de l’évangile ?
- Il accourt vers Jésus et se met à genoux devant lui ; nous aussi, nous sommes venus pour rencontrer Jésus et nous prosterner devant lui.
- « Bon Maître », dit-il à Jésus ; nous aussi, nous reconnaissons la bonté de Jésus ; nous voyons en Jésus Celui qui traduit le plus parfaitement possible le regard d’amour que Dieu porte sur l’humanité et nous reconnaissons en lui un Maître que nous venons écouter.
- L’homme de l’évangile répond à Jésus qu’il observe les commandements depuis sa jeunesse : il honore son père et sa mère, il ne fait de tort à personne ; nous aussi, nous cherchons à être fidèles à la manière de Jésus depuis que nous sommes tout jeune.
- C’est un homme riche ; je n’oserais pas dire « nous aussi » !
- Mais s’il vient rencontrer Jésus, on comprend qu’il cherche quelque chose de plus grand que ses richesses ; il y a, dans son cœur une quête profonde du bonheur ; nous aussi, nous avons de grandes aspirations ; nous avons soif de bonheur, de justice, de paix et nous venons rencontrer Jésus pour l’interroger, lui demander comment nous pourrions aller plus loin.
« Posant alors son regard sur lui, Jésus se mit à l’aimer. »
Je n’ai jamais oublié ce beau chant de Noël Colombier sur le regard de Jésus.
Jean et André qui chante « il y avait dans ses yeux tellement d’amitié »,
la Samaritaine qui chante « C’était comme une eau fraîche quand il m’a regardée »,
Matthieu qui chante « Quand il m’a regardé, il a tout chamboulé »,
la femme accusée qu’on voulait lapider qui chante « Ses yeux étaient remplis de tellement de bonté ! »
et en conclusion : « Ses yeux étaient si beaux qu’on les voyait prier. »
Prenons bien conscience que ce regard d’amour de Jésus, c’est sur nous qu’il se pose aujourd’hui.
Ensuite, on voit Jésus, celui qui la première lecture décrivait comme la Sagesse en personne, nous donner, en même temps qu’à l’homme riche, deux paroles de sagesse qui sont une réponse à notre quête de bonheur.
Jésus commence pour lui dire, c’est sa première parole de sagesse :
« Une seule chose te manque : va, vends tout ce que tu as et donne-le aux pauvres. »
Cette parole, on peut la traduire par cette béatitude de Jésus qui disait :
« Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des cieux est à eux ».
On sait très bien comment l’argent amène souvent avec lui un goût de puissance et de domination. Il représente un grand danger pour les croyants parce qu’il conduit souvent à un égoïsme profond qui peut devenir un obstacle très puissant dans notre relation à Dieu et aux autres.
Et puis on sait très bien encore qu’on ne pourra jamais tout acheter avec de l’argent : ni la vérité, ni le bonheur, ni l’amour.
Jésus ne condamne pas la richesse ! Dieu en est le créateur.
Mais il nous invite à le suivre et à le préférer à tout le reste. Il ne veut pas nous dépouiller, mais au contraire nous proposer un trésor dont il fait l’inventaire dans l’évangile : le centuple en maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres avec des persécutions et, dans le monde à venir, la vie éternelle.
Quand notre vrai trésor, c’est notre attachement à Jésus, tout ce qu’on ne peut pas acheter avec de l’argent devient possible comme Jésus le disait à ses disciples scandalisés, « Tout est possible à Dieu ».
On trouve ensuite une deuxième parole de sagesse : « Viens, suis-moi. »
L’homme de l’évangile, c’est quelqu’un qui a réussi sa vie ! Il n’a aucun problème matériel ! Il possédait de grands biens. Les gens de son entourage avaient sans doute beaucoup d’estime pour lui ! C’est un fidèle observateur de la Loi ! Malgré tout, il est en quête de bonheur ! Et Jésus vient lui dire et nous dire que c’est en le suivant qu’on réussira notre vie.
Nous sommes à nouveau réunis pour célébrer l’eucharistie.
Qu’elle soit pour chacun et chacune de nous un moment privilégié ; un moment pour nous laisser regarder par Dieu et y découvrir tout l’amour qu’il y a dans son regard pour nous.
Qu’elle soit encore pour nous une nouvelle occasion de dire au Seigneur
« Tu as une place importante dans notre vie.
S’il nous semble parfois que beaucoup de choses sont impossibles,
nous croyons qu’avec toi, tout est possible,
que tu veux nous sauver,
combler nos aspirations les plus profondes jusqu’en vie éternelle. »
