Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 14 novembre 2020 – Sainte Marie, trône de la sagesse – Luc 13,1-9
Il n’y a pas à dire. Nous sommes en présence d’un immense contraste, d’un côté un juge inique et de l’autre Sainte Marie, trône de la sagesse.
Oui, Jésus, dans une parabole, nous met en présence d’un juge qui ne respecte pas Dieu et qui se moque des hommes. Pendant longtemps il refuse d’écouter une pauvre veuve qui implore justice, mais il ne veut rien entendre et ne veut rien savoir de ce qu’elle vit. Finalement, il décide de lui rendre justice pour que « cette pauvre veuve « ne vienne plus sans cesse m’assommer », dit-il. Il est tout le contraire de la sagesse. C’est tout le contraire de Dieu, c’est tout le contraire de Jésus, et tout le contraire de Marie.
Pendant longtemps, la pauvre veuve « venait demander », nous dit Jésus. Elle venait supplier, crier sa misère, prier. Jésus en profite pour nous dire :
« Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus qui crient vers lui, jour et nuit. » Il nous fait comprendre que rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu, qu’il n’a jamais résisté aux pauvres. Dieu connaît notre situation, même mieux que nous : « Votre Père sait ce qu’il vous faut avant même que vous le lui demandiez », disait Jésus.
Notre Dieu est la Vie, l’amour, la Beauté, la Paix. Il est la source de tout ce qu’il y a de beau dans l’univers : le beau, le bon, le vrai, la Vie, la joie. Tout ce qui ressemble au juge inique ne vient pas de lui. Au contraire, il le refuse. Pendant sa vie parmi nous, le Christ a combattu le mal jusqu’à le prendre sur lui et le clouer avec lui sur la croix.
Nous fêtons aujourd’hui Sainte Marie, trône de la Sagesse. On lui a donné bien des titres en ce sens : mère de la sagesse, source de la sagesse, demeure de la sagesse.
Pourquoi ? Parce que Celui qui est la Sagesse du Père est dans son sein. Elle est la mère du Roi que viennent chercher de loin les mages. Dans l’évangile, elle apparaît comme la vierge sage qui a choisi la meilleure part. Elle est à l’image de son Fils, toute miséricordieuse comme lui. Elle a chanté la miséricorde de Dieu dans le Magnificat. Même dans la préface tantôt, je vais dire : « tu as accompli dans la bienheureuse Vierge Marie le mystère de notre réconciliation. »
La veuve de l’évangile est tout le contraire d’une personne résignée. Elle s’obstine ! Sa prière est une lutte, un combat. Elle ne baisse pas les bras ; chaque jour, elle se bat pour la justice. Marie, aux noces de Cana, avait saisi le drame des jeunes mariés. Elle le dit à son Fils. Demandons à Marie, Trône de la sagesse, de nous aider dans la prière et même de savoir nous obstiner comme la veuve. Comme aux noces de Cana, elle connaît nos besoins, en informe son Fils et dit aux serviteurs : « faites ce qu’il vous dira. » Qu’elle nous aide à dire « oui » comme eux, le « oui » qui rend nos vies porteuses de Dieu, fécondes pour Dieu.
