Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 14 juin 2024 – 1 Rois 19, 9a.11-16
J’ai vraiment un petit faible pour cet extrait du premier livre des Rois qui nous raconte une événement majeur vécu par le prophète Élie.
Pauvre Élie! En son temps, l’œuvre que Dieu avait commencée avec Moïse était réduite à néant. Il espérait ramener à Dieu ce peuple qui s’était éloigné de lui, il avait lutté pour Dieu mais il avait lamentablement échoué. Et comme si ce n’était pas encore assez, sa vie était menacée par le roi Achab et son épouse, Jézabel, une étrangère vicieuse et malfaisante qui incite le roi et le peuple à se détourner du Seigneur.
Aussi Élie s’enfuit. Il marche pendant 40 jours et 40 nuits. Il entre dans une caverne pour y passer la nuit. Alors il entend une voix qui lui dit :
« sors et tiens-toi sur la montagne devant le Seigneur, car il va passer. »
À l’approche du Seigneur, il y eut un ouragan si violent qu’il fendait les montagnes et fracassait les rochers. Mais le Seigneur n’était pas dans l’ouragan. Puis il y eut un tremblement de terre. Mais le Seigneur n’était pas dans le tremblement de terre. Après cela, il y eut un feu mais le Seigneur n’était pas dans le feu. Il aurait sans doute aimé que Dieu se révèle comme un ouragan, un tremblement de terre ou un feu contre Achab et à Jézabel. C’était sa foi à ce moment-là.
« Et après le feu, le murmure d’une brise légère.
Aussitôt qu’il l’entendit, Élie se couvrit le visage… »
Le Seigneur se présente dans le murmure d’une brise légère. C’était une révélation de Dieu complètement nouvelle pour Élie. Le son doux et subtil par lequel Dieu se révèle pénètre le cœur d’Élie qui se cache la face en présence de l’éternel.
C’est la manière favorite que Dieu a pour se révéler, se faire connaître. Il préfère le bruissement doux et léger qui évoque sa bonté. Dans l’histoire, Dieu se révèle bien moins par des actes puissants et bien plus d’une manière discrète, par le murmure d’une brise légère.
Je me suis toujours souvenu d’un écrit qui citait l’histoire d’un cardinal qui recontait :
« Un jour, je me trouvais à Calcutta, et je vis une des sœurs missionnaires de Mère Teresa qui passait une main délicate sur le front d’un Indien en train de mourir. Cette caresse, croyez-moi, avait la légèreté de la brise, et je peux vous assurer que, dans cette brise légère, ce jour-là, je vis Dieu. Nous étions loin des ouragans de la puissance et des richesses. »
Ne cherchons pas le Seigneur dans l’ouragan,
le tremblement de terre ou le feu,
mais dans la brise légère, dans le silence.
Je dirais même soyons à son image
en étant pour ceux qui nous entourent
comme « une brise légère »
dans nos gestes et dans nos paroles.
