Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 14 février 2025 – Marc 7, 31-37
« On amène à Jésus un sourd-muet et on le prie de poser la main sur lui. »
En écrivant cet évangile, saint Marc n’avait pas pour but de nous raconter comment un jour Jésus avait guéri un sourd-muet. D’ailleurs l’Église l’avait toujours compris; pendant des siècles, on reprenait les gestes de Jésus lors des baptêmes.
Pourquoi?
Parce que le sourd-muet est une image, un portrait de notre humanité.
Nous sommes sourds et aveugles.
Nous vivons repliés sur nous-mêmes,
emmurés dans notre solitude,
incapables de communiquer vraiment avec Dieu ni avec les autres.
Il y a un petit quelque chose d’étonnant dans l’évangile. C’est bien clair que le sourd-muet, c’est un homme qui est coupé des autres, qui souffre d’isolement. Et, chose curieuse, pour le sortir de son isolement, Jésus l’emmène à l’écart, il l’isole des autres.
Le Seigneur veut que ses disciples soient des hommes et des femmes qui ne soient isolés ni de Dieu ni des autres. Il veut des hommes et des femmes ouverts à Dieu et aux autres, des gens qui sont capables d’entendre sa Parole, des gens qui sont capables de parler, de proclamer la Parole de Dieu dans toute la puissance de son Esprit.
« Jésus l’emmena à l’écart, loin de la foule. »
Pour être capable de le faire, il faut être en mesure de nous isoler,
comme nous le faisons en ce moment.
Il faut suivre Jésus à l’écart, loin de la foule,
loin des bruits du monde pour le rencontrer dans l’intimité de la prière,
pour laisser Jésus souffler sur nous son souffle divin
comme il l’a fait pour le sourd-muet.
« Effata ! C’est-à-dire « Ouvre-toi ! » dit Jésus.
Ouvrons-nous à la nouveauté que Jésus nous propose.
Ouvrons-nous à la parole de Dieu qui vient nous donner la force et la liberté,
et qui agrandit chaque jour, si nous le voulons, l’espace de notre espérance.
