Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 14 avril 2025 – Jean 12, 1-11
« Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare, qu’il avait réveillé d’entre les morts. »
Il y avait une atmosphère de tristesse et de reproche lors de la mort de Lazare. Marthe et Marie étaient inconsolables. Jésus n’était pas là. Lui qui avait guéri tant de malades, il aurait pu sauver leur frère. Mais, finalement, six jours avant la Pâque, Jésus vient à Béthanie où habitait Lazare, qu’il avait réveillé d’entre les morts.
On comprend qu’on ait voulu organiser un repas en l’honneur de Jésus. C’est à cause de lui que Lazare est vivant. Marthe qui veut sans doute bien faire les choses est sans doute bien occupée par le service. Marie, elle, veut témoigner à Jésus tout son amour et sa reconnaissance.
Alors, elle s’en va chercher un parfum, peut-être même celui qu’elle avait acheté pour embaumer le corps de son frère Lazare. C’était un parfum de grand prix qui remplit toute la maison d’une bonne odeur.
Ce parfum nous rappelle qu’avec Jésus la mort est vaincue
et que la vie a un rendez-vous avec la Vie,
la Vie avec un grand V, après la mort.
Jésus en fait une autre lecture. C’est un parfum qui tombe bien ; dans quelques jours ce sera la mort de Jésus suivie de la Pâque qui arrive dans six jours. C’est Jésus lui-même le nous le dit :
« Laisse-la observer cet usage en vue du jour de mon ensevelissement. »
Le geste de Marie qui répand ce parfum sur les pieds de Jésus est un geste spontané, gratuit de généreux. Saisie par l’amour du Christ, elle donne sans calcul. Jésus voit dans son cœur un amour authentique et profond. Judas au contraire s’en offusque, mais Marie ne s’embarrasse pas de cette réaction. Elle est libre, enracinée dans l’amour. Elle fait un don sans mesure, destiné à Jésus, mais tous peuvent en profiter puisque la senteur se répand dans toute la maison.
On sent bien que l’ambiance n’est pas au meilleur. On voit que Judas n’est pas en accord avec Jésus qui ajoute : « Mais moi, vous ne m’aurez pas toujours ». Et à la fin : « Les grands-prêtres décidèrent alors de tuer aussi Lazare. » Il y avait une grande tension : d’un côté Marie, Marthe et Lazare incarnent foi, la gratuité, le don, et de l’autre côté Judas et les grands prêtres qui véhiculent le calcul, la morale, la suspicion, le meurtre.
Aujourd’hui, comme dit l’évangile, nous célébrerons la fête de Pâque dans six jours.
Nous entrons dans la semaine sainte.
Nous sommes invités à la vivre comme Marie dans l’évangile,
comme une folie aux yeux des hommes
mais comme un amour sans limites pour le Christ qui donne sa vie par amour pour nous.
Laissons-nous saisir comme Marie et avançons avec confiance pendant cette semaine.
