Mgr J-C. Dufour – 14 avril 2021 – Actes des Apôtres5,  17-26

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 14 avril 2021 – Actes des Apôtres5,  17-26

 

« Mais, pendant la nuit, l’ange du Seigneur ouvrit les portes de la prison et les fit sortir. »

 

Il y a quelque chose de bizarre dans la première lecture que nous avons entendue.  En effet, l’ange du Seigneur a ouvert les portes de la prison et a fait sortir les apôtres, pourtant quand les gardes arrivent pour prendre les apôtres et les amener devant le grand conseil,  ils trouvent le  « le cachot parfaitement verrouillé ».
Pourquoi l’ange s’est-il donner la peine de fermer les portes de la prison avant avoir laissé sortir les apôtres?  Faut-il comprendre qu’il y a  quelque chose de symbolique dans cette histoire de portes ouvertes et puis verrouillées?
L’ange du Seigneur libère les disciples qui sont derrière des portes fermées.  Et que leur dit-il tout de suite après?  « Partez, tenez-vous dans le Temple et là, dites au peuple toutes ces paroles de vie. »  Il les libère pour les envoyer tout de suite à l’extérieur.

 

Dans l’évangile de dimanche dernier, Jésus se montre deux fois à ses disciples alors que les portes de l’endroit où ils étaient, étaient bien verrouillées.
On voit bien que Jésus se joue des portes bien verrouillées.  C’était sans doute une présence réconfortante pour les disciples,  mais c’est beaucoup plus.
Si Jésus apparaît à l’intérieur, c’est pour les envoyer à l’extérieur.  S’il donne la paix à ses disciples, ce n’est pas pour qu’ils soient bien, mais qu’ils la portent aux quatre coins du monde.  Aussitôt cette paix offerte par deux fois, Jésus dit à ses disciples : « De même que le Père Ma envoyé, moi aussi je vous envoie ».  Cette paix veut atteindre les extrémités du monde.

 

Il y a là tout un paradoxe! Les portes de la prière et de la solitude sont des portes tournantes.  Elles séparent du monde.  Paradoxalement, les portes verrouillées sont une invitation au Seigneur à entrer.
Dans l’évangile, les disciples sont bien derrière les portes verrouillées;  le Seigneur se montre à eux et c’est une présence réconfortante.  Mais, en même temps, il nous invite à sortir de nous-mêmes pour aller vers nos sœurs et nos frères.  Mais si nous sortons en son nom, pour accomplir les services que nous sommes appelés à remplir,  nous sommes toujours à l’intérieur et, en fait, la porte est toujours fermée.