Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 14 août 2024 – Matthieu 18, 15-20 – St Maximilien Kolbe
Deux fois, dès le début de l’évangile, Jésus nous parle de frères. C’est probablement pour cette raison que les experts appellent les recommandations de Jésus qu’on trouve dans l’évangile un enseignement sur la vie communautaire.
La première chose que Jésus nous dit dans cet évangile, c’est que la communauté ne doit jamais ériger des barrières définitives, qu’elle doit toujours garder les portes ouvertes et la lumière allumée. La communauté ne se résigne jamais à la perte définitive d’un frère et d’une sœur. Elle se montre capable d’accueillir, de pardonner, de se réconcilier, de permettre le retour de celui ou de celle qui s’est éloigné. Il doit y avoir un air de fête lorsque le frère ou la sœur qui est parti vivre au loin réapparait comme dans la parabole de l’enfant prodigue.
Dans la lettre aux Romains, St Paul a une phrase extraordinaire:
«N’ayez de dettes envers personne, sinon celle de l’amour mutuel.
Car celui qui aime autrui a de ce fait accompli la Loi.» (Rm 13, 8)
Dans des situations de conflit, le chrétien ne doit jamais se résigner à la perte de quelqu’un. Pour le Christ, l’amour de l’autre est ce qu’il y a de plus important.
Tout de suite avant l’évangile d’aujourd’hui, Jésus a raconté la parabole de la brebis perdue.
Il vient de nous dire « Votre Père ne veut qu’aucun de ces petits se perdent ».
Et tout de suite après cet évangile, Jésus va demander à Pierre de pardonner soixante-dix fois sept fois.
Et puis Jésus nous parle de correction fraternelle, et le but de la correction fraternelle n’est pas d’humilier l’autre en se montrant le meilleur, mais de réconcilier, de « gagner son frère en tant que frère »
Lorsque nous rencontrons quelqu’un qui a péché, nous devons avoir la même attitude que le père de l’enfant prodigue qui reçoit son fils à bras ouvert, montrer à tous qu’il est toujours le fils bien-aimé et fait la fête pour tout le village.
Pour le Christ, l’amour de l’autre est ce qu’il y a de plus important.
