Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 14 août 2020 — Cantique (Isaïe 12)
« Seigneur, tu reviens de ta fureur et tu me consoles ». Je m’arrête ce matin sur ce refrain du cantique d’Isaïe. Il y a sûrement un rapprochement qu’on peut faire avec une des béatitudes de Jésus qui disait : « Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés ! »
Les disciples viennent de prendre leur dernier repas avec Jésus. Ils sont tristes, inquiets, oppressés par un sentiment de faiblesse et d’abandon. Qui est-ce qui pourra les aider ? Qui est-ce qui va les enseigner et les guider ? Qui se tiendra à côté d’eux quand ils vont prêcher ? Comment pourrait-il faire face à un monde hostile ? C’est alors que Jésus prend le temps de les calmer avec une promesse : « Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Consolateur qui sera pour toujours avec vous ». (Jn 14,16)
Originairement, dans les temps anciens, le mot « Consolateur » désignait un ami qui accompagnait un accusé dans les tribunaux. Cet ami n’agissait pas pour le salaire, mais seulement par amour et pour le protéger. Il le conseillait sur ce qu’il fallait faire, ce qu’il fallait dire. De la cause de leurs amis, ils faisaient leur propre cause, se tenant avec eux dans leurs épreuves, leurs difficultés, et les dangers qu’ils couraient.
Pendant qu’il était avec eux, le Seigneur, à plusieurs reprises, avait pris leurs défenses. Aujourd’hui, il les console avec la promesse d’un autre Consolateur. Il serait leur défenseur, leur aide et leur enseignant pendant son absence. Ainsi, l’Esprit est le successeur du Christ et rend réelle la présence continuelle du Christ à son Église.
Dans la chair, il ne pouvait être que dans un seul lieu à la fois, maintenant, il est omniprésent par l’Esprit ; pendant sa vie terrestre, il était extérieur aux hommes, maintenant, par l’Esprit, il peut demeurer dans les profondeurs mêmes de leurs âmes.
Aujourd’hui, nous fêtons saint Maximilien Kolbe. Dans un camp de concentration, il offrit sa vie à la place d’un autre prisonnier, père de famille. Il a agi comme un consolateur. Comme dans les temps anciens, il a agi par amour. Il a fait de la cause d’un prisonnier, sa propre cause. Il s’est tenu avec eux dans leurs épreuves, leurs difficultés et les dangers. Il fallait qu’il croie dans la promesse de Jésus. Il a fait preuve d’un amour ardent pour la Vierge Marie, d’un grand souci des âmes et d’une vive charité pour le prochain.
Il était possédé par l’Esprit. Avec le Saint Esprit, il est possible d’être un disciple du Christ, Il ne peut pas y avoir de vie sans l’Esprit vivifiant. Pas non plus de compréhension sans l’Esprit de vérité, pas de communion fraternelle sans unité de l’Esprit, pas de ressemblance au caractère du Christ sans fruit de l’Esprit, et pas de témoignage sans sa puissance.
« Seigneur, tu reviens de ta fureur et tu me consoles. »
