Mgr J-C. Dufour – 13 mars 2024 – Isaïe 49, 89-15 et Jean 5, 17-30

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 13 mars 2024 – Isaïe 49, 89-15 et Jean 5, 17-30

 

Je ne sais pas s’il y a un autre évangile où Jésus nous parle autant de son Père : neuf fois, il nous en parle d’une manière très explicite, et d’autres fois en utilisant d’autres expressions comme « Celui qui m’a envoyé ».
On sent qu’il y a entre le Père et le Fils un lien incroyable : « le Fils… fait seulement ce qu’il voit faire par le Père. »
C’est étonnant encore de voir le lien qu’on peut faire entre la première lecture et l’évangile.

Dans la première lecture, on voyait comment Dieu veut faire vivre son peuple.  Il l’a exaucé, il l’a secouru, il a tout fait pour relever le pays, pour restituer les héritages dévastés.  Vraiment, Dieu veut faire revivre son peuple.  Il va jusqu’à leur promettre de n’avoir plus jamais faim, jamais soif,  de les conduire vers les eaux vives.

« Ainsi, le Fils, lui aussi, fait vivre qui il veut. »
Ce Fils ressemble à son Père, il n’est pas différent de lui.  Lui aussi, il veut faire vivre, régénérer l’humanité, donner à chacun et à chacune l’expérience d’être aimé de Dieu.  Il vient rejoindre l’humanité là où elle est le plus dévastée.  Il vient au secours des humiliés, des rejetés, des exclus.  Il accomplit la volonté du Père, il accomplit la Parole de Dieu.

Dans la première lecture, on voyait que Dieu suscitait la vie; « le vent brûlant et le soleil ne les frapperont plus. »
Et Jésus, dans l’évangile, redonne la vie à un pauvre homme paralysé.  Dans ce pauvre homme paralysé, c’était la mort qui défigurait l’image de Dieu.  Là encore, Jésus fait l’œuvre du Père en le guérissant ; il fait l’œuvre du Créateur en suscitant la vie dans ce pauvre homme qui donnait l’image de la mort.

Mais comment, nous aujourd’hui, sommes-nous vraiment rejoints par ces paroles.  « Une femme peut-elle oublier son nourrisson… Même si elle l’oubliait, moi, je ne t’oublierai pas ».
Ce sont des paroles qui devraient résonner en nous comme un baume sur nos blessures.  Peu importe nos faiblesses, nos erreurs, nos manques de jugement, jamais le Seigneur ne nous abandonnera.  Nous existons parce qu’il l’a voulu dans son amour.  Comme un parent aimant, il nous console, il compatit avec nous, il veille à ce que nous ne manquions de rien.  Accueillant, il nous rassemble en sa maison, nous guide et nous conseille.

Il y a une deuxième chose qu’on peut retenir.  Dans la dernière phrase de l’évangile, Jésus nous dit : « Je ne cherche pas à faire ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé ».
C’est clairement une invitation à faire le bien comme le Père et le Fils.

Pendant notre eucharistie,
prions pour qu’on ne cherche pas à faire notre volonté,

mais qu’on cherche à faire la volonté du Père comme le Fils
qui n’ont toujours eu qu’un seul but, le salut du monde.