Mgr J-C Dufour-13 Mars 2019-Luc 11, 29-32

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 13 Mars 2019 

( Luc 11, 29-32 )

 

« Il y a ici, plus que Salomon ; il y a ici plus que Jonas .»
Jésus vient tout juste de déclarer sa mère heureuse, parce qu’elle savait écouter la Parole de Dieu et la garder dans son cœur. Tout de suite après, il répond à ceux qui lui réclament un signe pour prouver que c’est bien lui, le messie.
Ses mots sont directs et clairs : « Cette génération est une génération mauvaise. »

 

Le mot « génération », autant au temps de Jésus que dans l’Ancien Testament, est bien loin d’être un mot flatteur, c’est un mot dur et péjoratif qui sert à désigner le peuple quand il ne croit pas. Ce même mot, Jésus l’utilisera dans le même sens et à plusieurs reprises, dix fois seulement dans l’évangile de saint Luc.
Par exemple, quand un père prie Jésus de guérir son enfant que ses disciples n’ont pas su guérir : « Prenant la parole, Jésus dit : « Génération incroyante et dévoyée, combien de temps vais-je rester près de vous et vous supporter ? Fais avancer ici ton fils. » (Luc 9,41)

 

Dans sa réponse aux foules qui s’amassaient, Jésus nomme Salomon et Jonas qui, à nos yeux, apparaissent souvent comme des êtres exceptionnels. Nous retenons de Salomon qu’il avait une sagesse sans égale, de Jonas qu’il était un prédicateur fameux, tellement qu’à Ninive, toute la ville de convertit en peu de temps, les hommes et même les bêtes qui firent pénitence.

 

Il ne faut pas se fier aux apparences. Quand Jésus affirme qu’il est plus grand que Salomon et Jonas, il ne faut pas comprendre qu’il fait leur éloge, qu’il nous les présente comme des super héros, qu’il nous les donne en exemple.

 

Le roi Salomon n’a pas agi mieux pour son peuple que le Pharaon en Égypte. Il avait épousé plusieurs femmes païennes qui l’ont entraîné vers d’autres dieux que telle sorte que son cœur n’était plus au Seigneur.

Jonas aussi n’est pas un modèle. Il a refusé d’obéir à Dieu et s’est enfui. C’est vrai qu’il est allé annoncer la bonne nouvelle, mais rappelons-nous qu’il l’a fait à contrecœur.

Si le roi Salomon et Jonas ont été admirés, un pour sa sagesse et l’autre pour sa prédication, ce n’est pas le cas de Jésus.
Quel contraste entre ces deux hommes et Jésus !
Jésus n’attire pas le succès comme Salomon, mais le mépris.
Jésus n’a pas le succès de Jonas dans sa prédication qui tourne à l’échec. Lors de sa Passion, en gravissant le calvaire, il n’aura même plus figure humaine.

 

Je pense que, dans cet évangile, Jésus nous invite, avec l’aide de l’Esprit Saint, à dépasser les apparences, à ne pas nous laisser prendre par ce qui paraît attrayant et attirant, pour discerner les signes du Royaume sous les apparences déconcertantes du quotidien.
C’est là, dans notre vie de tous les jours que nous pouvons découvrir, plus que Salomon et plus que Jonas, Celui qui est la Sagesse elle-même, le Verbe de Dieu en personne.