Mgr J-C. Dufour-13 juillet 2019-Matthieu10, 24-33

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 13 Juillet 2019

( Matthieu 10, 24-33 )

 

« Pour qu’au milieu des changements de ce monde, nos cœurs s’établissent fermement là où se trouvent les vraies joies. » (Prière d’ouverture du 13 juillet)

 

On dirait que les mots de la prière d’ouverture de la messe du jour ont été écrits spécifiquement pour notre temps. Aujourd’hui, pendant une seule année, on connaît plus de changements que nos ancêtres pendant sept siècles.
C’est vrai qu’on en vit des changements, ils sont omni présents : changements dans le monde du travail, dans nos familles, changements dans l’Église, changements climatiques, changements avec l’arrivée de l’informatique. Et que dire du changement que vivent ces populations qui quittent leur pays par voie de mer ou de terre au risque de leur vie pour trouver un endroit de paix.
Ces changements arrivent soudainement à notre porte, ce qui fait que le risque est bien grand de s’y arrêter parce qu’on n’arrive pas à voir autre chose et de se lancer dans toute sorte de moyens d’évasion. Autant de choses qui passent, qui nous fascinent pour un temps.

 

Nous demandons au Seigneur de faire en sorte que nos cœurs s’établissent fermement là où se trouvent les vraies joies, ces joies qui traversent le temps.
Où pouvons-nous trouver ces vraies joie, sinon en Dieu ?

 

Pendant l’année, nous célébrons deux dimanches qui sont appelés dimanche de la joie :
d’abord le 3e dimanche de l’Avent où l’antienne d’ouverture nous dit : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; je le répète, réjouissez-vous !
Et le 4e
e dimanche du carême : “Réjouis-toi, Jérusalem ! et rassemblez-vous, vous tous qui l’aimez : soyez dans le bonheur réjouissez-vous avec allégresse.”
Déjà, le récit de la Genèse nous faisait comprendre que notre joie se trouve dans l’amitié de Dieu. C’est lui qui a mis en nous le désir d’être comblés de joie ; c’est lui qui nous a faits pour la joie.

 

Le Bon Dieu ne se contente pas de nous regarder de son ciel comme si nous étions des marionnettes.
Il ne vient pas nous dire “débrouille-toi avec tes problèmes”.
Au contraire, il pense alliance, il l’annonce pour des prophètes, il la prépare avec Jean-Baptiste, il la scelle avec Jésus. Saint Paul n’hésitait pas à dire aux Thessaloniciens : “soyez toujours dans la joie, c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus !” (1Th 5,16)

 

Ce matin, nous faisons mémoire de la Vierge Marie à Cana, un grand moment de joie.
Dans la préface tantôt je vais dire : “Elle demande aux serviteurs de faire ce qu’il commandera, alors les urnes deviennent rouge de vin, pour la joie des convives, première annonce du repas de noces que le Christ tient prêt chaque jour pour l’Église.”
On ne peut se contenter de ces joies que nous pouvons prendre ici et là, mais espérer les vraies joies que Dieu ne cesse de nous promettre.

 

Nous sommes invités ce matin, en présence du Seigneur, à chanter avec le prophète Isaïe : “Je tressaille de joie dans le Seigneur” (Is 61)  et à chanter avec la Vierge Marie : “Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu notre Sauveur.”

Que notre célébration soit l’occasion, ce matin, de renouveler notre attachement à Jésus Sauveur.
“pour… que nos cœurs s’établissent fermement à où se trouvent les vraies joies.”