Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 13 janvier 2023 – Marc 2, 1-12
Jésus, au cours de la vie, a dû traverser un drame : dans le cœur des hommes qu’est-ce qui prévaudra : la foi ou l’incroyance.
Nous sommes juste au 2e chapitre de l’évangile de saint Marc, et ce drame est déjà présent.
Pendant qu’il était à la maison, à Capharnaüm, voilà que quatre hommes apportent un paralysé sur un brancard. Ces hommes ont réellement la foi : une foi décidée, active, presque impatiente. Ils souffrent de voir souffrir leur ami, paralysé, et ils savent très bien que Jésus est pour lui la dernière chance, une vraie chance comme Dieu est capable d’envoyer.
On voit bien que leur foi n’est pas vide, elle se traduit en charité; ils désirent de tout cœur ménager au paralysé une rencontre avec Jésus. Peu leur importe la foule, il faut que cet homme qui ne peut plus rien passe avant les autres. À leurs yeux, si Jésus voit cet homme qui est un paquet de souffrance et de misère, c’est gagné d’avance.
Si la foi de ces quatre hommes était là, on voit bien que le manque de foi, l’incroyance est aussi au rendez-vous. Elle habite le cœur de quelques scribes qui sont là, bien assis pour écouter, peser et juger. Pourtant, ils avaient bien compris. De fait, ils avaient posé la bonne question : « Qui peut remettre les péchés, sinon Dieu seul? » Mais ils fuient devant l’acte de foi. Plutôt que d’admettre dans la foi « cet homme fait les œuvres de Dieu », ils préfèrent dire : « Cet homme blasphème! »
Imaginez le brancard qui descend à travers le trou du toit; l’homme est là, tout près de Jésus, plus immobile que jamais. Tous ceux qui sont présents attendent une parole de guérison, mais les mots de Jésus semblent ignorer la condition physique du paralysé : « Mon enfant, tes péchés te sont remis ».
Jésus n’a pas répondu au niveau de la demande, il veut situer son action au niveau de l’essentiel. On lui demande la santé du corps, il donne; il donne la liberté du cœur. Au risque de décevoir le paralysé, au risque d’inquiéter les scribes, il dit tout de suite la parole du salut, parce qu’il est le Fils de l’Homme qui apporte le salut d’auprès de Dieu.
Mais pourquoi désappointer ainsi l’espérance immédiate? Saint Marc nous le dit en toutes lettres : « Jésus, voyant leur foi, dit au paralysé : tes péchés sont remis ». Jésus a vu leur foi, il compte sur leur foi, et il veut répondre à leur audace par son audace de Fils de Dieu.
Sur la page titre de la messe d’aujourd’hui, on peut lire : « Temps ordinaire, pour demander le pardon des péchés. » Toutes les prières de cette messe sont la prière de l’Église : « Tu fermes les yeux sur les péchés des hommes », « délivre ton peuple de tous ses péchés », « Dans ta miséricorde, pardonne nos fautes »,
« que ta grâce nous aide à éviter désormais le péché. »
Ne soyons pas comme les scribes de l’évangile,
mais comme ces hommes qui présentent le paralysé à Jésus avec foi.
