Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 13 avril 2022 – Matthieu 26, 14-25
Depuis le début de la semaine, les évangiles nous présentent Judas, en train de préparer son plan de trahison. Déçu sans doute par la tournure des événements, il n’attend que le bon moment pour livrer Jésus aux autorités religieuses.
Déjà lundi, pendant un repas de fête chez Lazare, Marie avait pris un parfum de grand prix pour le répandre sur les pieds de Jésus et Judas se montrait irrité devant ce qu’il voit comme du gaspillage. Saint Jean ne se gêne pas à son sujet quand il dit : « Il parla ainsi, non par souci des pauvres, mais parce que c’était un voleur. » On sent que Judas est déjà ailleurs, dans un autre monde. Il empoisonne l’atmosphère d’amitié profonde et sincère que Jésus et ses amis sont en train de vivre.
Mardi, encore au niveau d’un repas qu’il prenait avec ses disciples, Jésus, bouleversé, annonce qu’un d’eux va le trahir. C’est Judas. Pourtant il n’a jamais dit qu’il était son ennemi. Au moment même où se trame contre lui la plus perfide et exécrable trahison, au moment même de son arrestation, Jésus appelle encore Judas son ami.
Toujours est-il que Judas, ayant reçu la bouchée que lui présentait Jésus quitte le repas en pleine nuit. Il se rend chez les grands prêtres ; ils s’entendent sur un prix à payer pour que Judas livre Jésus à un moment favorable.
Tantôt nous avons chanté le psaume 68.
Rappelons-nous que Jésus a lui-même proclamé ce psaume plein de sens pour lui :
« L’insulte m’a broyé le cœur, le mal est incurable, j’espérais un secours, mais en vain, des consolateurs, je n’en ai pas trouvé. »
C’est la prière du désespéré, de celui qui se croit perdu à jamais.
Je pense qu’en faisant cette prière, Jésus a pensé à chacun de nous.
Cette prière, il l’a faite pour chacun et chacune de nous, pour que, lorsque nous sommes devant l’épreuve, sa voix puisse se faire entendre auprès du Père en notre faveur.
Lorsque nous nous sentons écrasés, Jésus nous invite à relever la tête, parce que, comme dit encore le psaume :
« le Seigneur écoute les humbles, il n’oublie pas les siens emprisonnés ».
Je me souviens d’une petite méditation qui disait :
« Dans la tempête, dans la plus grande des tristesses et la pire des solitudes, je loue le nom du Seigneur et lui rends grâce parce que je sais que sa lumière viendra. »
Les jours qui viennent nous le feront comprendre.
