Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 13 août 2023 – 19e Dimanche Ordinaire – Matthieu 14, 22-33
Quand saint Matthieu a écrit son évangile, il pensait certainement aux nouveaux disciples qui arrivaient dans l’Église.
Qu’est-ce qu’il voulait leur dire? Qu’est-ce qu’il veut dire aux disciples de Jésus que nous sommes?
Jésus vient de nourrir une foule de 5000 hommes, sans compter les femmes et les enfants avec presque rien, cinq pains et deux petits poissons.
Pourtant il ne s’arrête pas sur ce geste extraordinaire. On sent que ce qui donne un sens à sa vie, ce ne sont pas les succès qu’il peut remporter, même pas les actions qu’il peut mener.
Ce qui donne un sens à sa vie, c’est de prier, d’entrer en relation avec son Père, de s’entretenir avec lui, de se recevoir en lui.
Une belle invitation pour nous, apprendre à cesser nos activités pour vivre un temps d’intimité avec Dieu comme nous le faisons ce matin.
De manière discrète, l’évangile nous fait comprendre que Jésus a pris le temps de prier. « Il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. » « Et vers la fin de la nuit, Jésus vint » vers ses disciples. Il commence sa prière le soir et la termine vers la fin de la nuit.
C’est une invitation qui nous est faite : prendre du temps pour entre en relation avec le Père, avec le Fils, avec l’Esprit saint.
À la fin de sa prière, il rejoint ses disciples en marchant sur les eaux.
Les eaux sont souvent symbole de mort dans la bible. Les eaux profondes symbolisent les puissances infernales; les eaux de la mer, par leur agitation perpétuelle évoquent l’inquiétude; l’orage symbolise le malheur qui peut fondre sur l’homme à l’improviste.
En marchant sur les eaux, Jésus veut affirmer qu’il est le Seigneur et qu’il domine les tout de que symbolisent les eaux.
À ses disciples bouleversés croyant voir venir vers eux un fantôme, il dit : « Confiance! C’est moi; n’ayez pas peur! »
Dans cette petite phrase, Jésus se révèle encore.
Entre les mots « Confiance » et « n’ayez pas peur » il y a deux petits mots révélateurs : « c’est moi », mots qu’il faut traduire par « Je suis », ce qui nous renvoie à la révélation faite à Moïse dans l’épisode du buisson ardent. Ainsi Jésus révèle à ses disciples qu’il est bien l’envoyé du Père.
Mais Pierre ne se contente pas de la venue de Jésus ni de son invitation à la confiance.
Il veut du concret : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. »
Et sur cette demande un peu folle, surprenante, Jésus lui dit : « Viens ».
Et l’incroyable se produit, sur la parole de Jésus, Pierre descend de la barque et marche sur les eaux.
Osons-nous, comme Pierre, risquer notre vie sur une parole de Jésus ?
Faisons-nous suffisamment confiance à la Parole de Dieu pour qu’elle accomplisse son œuvre en nous?
Mais quand Pierre arrête de fixer son regard sur Jésus, il voit la force du vent et il a peur.
Dès que nous cessons de fixer le Christ, nous pouvons perdre cœur devant les vents contraires de l’adversité et perdre pied à notre tour.
Pierre en s’enfonçant, regarde à nouveau vers Jésus et crie : « Seigneur sauve-moi »
Ils nous arrivent parfois de sombrer, mais avons-nous alors le réflexe de crier vers le Seigneur, de l’appeler à notre secours?
Il y a trois choses que nous pouvons retenir de cet Évangile :
- D’abord, prendre le temps de faire comme Jésus, en solitude, pour prier le Père et recevoir notre mission.
- Ensuite, oser comme Pierre risquer notre vie sur la Parole de Jésus, faire davantage confiance à la Parole de Dieu.
- Et enfin savoir reconnaître la présence de Jésus au cœur de nos vies parfois malmenées et se prosterner en disant comme les apôtres : « Vraiment tu es le Fils de Dieu ! »
