Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 12 mai 2025 – Jean 10, 1-10
Depuis que nous sommes petits, nous pouvons contempler une des plus belles images, les mieux connues de la prédication de Jésus : le bon Berger, ses brebis, son bercail, la porte des brebis.
Que c’est beau ce jeune berger qui porte la brebis blessée sur son épaule !
Peut-être que, parfois, nous nous sommes reconnus dans cette pauvre bête.
En lisant cet évangile, il y a une scène du chapitre précédent que nous ne pouvons pas mettre de côté : les pharisiens viennent de jeter dehors un aveugle né que Jésus vient de guérir. Cet homme, enfermé dans les ténèbres depuis sa naissance a eu la grâce de retrouver la vue, la vie et la foi, grâce à Jésus.
Dans cette scène de l’aveugle-né Jésus nous exprime sa mission de salut ; il est venu faire sortir des ténèbres, amener à la lumière tous ceux qui croient en lui et en sa vie donnée.
Dans l’évangile, Jésus utilise une image pastorale pour faire son enseignement, une image souvent utilisée dans l’Ancien Testament.
On peut se souvenir du psaume qui dit : « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien… »
Qu’on pense à cette belle phrase du prophète Isaïe : « Comme un berger, il fait paître son troupeau : son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, il mène les brebis qui allaitent. »
Et encore de cette phrase du prophète Ézéchiel : « Par ma vie – oracle du Seigneur Dieu –, puisque mon troupeau est mis au pillage et devient la proie des bêtes sauvages, faute de berger, parce que mes bergers ne s’occupent pas de mon troupeau, parce qu’ils sont bergers pour eux-mêmes au lieu de l’être pour mon troupeau »
Ce matin, nous pouvons nous rendre auprès des brebis, de leur enclos pour un petit peu de temps et surtout auprès du berger pour toujours.
Face à ceux qui ont jeté dehors l’aveugle-né, Jésus se présente comme le bon berger qui conduit ses brebis. Il faut comprendre que ce n’est pas juste une belle poésie. C’est un discours d’encouragement pour une communauté de saint Jean qui se voit refuser l’accès à la synagogue.
Plus encore, en ce jour où nous faisons mémoire de la fête de Pâque, nous nous rappelons que Jésus se présentait comme le bon berger qui donnait sa vie pour ses brebis.
En donnant sa vie, il a racheté la nôtre, il nous a libérés. C’est là le grand mystère d’amour d’un Dieu qui arrive à des extrêmes inimaginables pour sauver chaque créature humaine.
Rappelons-nous de l’introduction de l’évangile de la Passion que nous avons lu le Vendredi saint :
« Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout ». (Jn 13,1)
