Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 12 mai 2020 – Actes des Apôtres 14,19-28
« Ils les exhortaient à persévérer dans la foi, en disant : « Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le Royaume de Dieu. »
On a vu, il y a quelques jours que Pierre et Jean ont dû passer par bien des épreuves. Après avoir guéri un infirme de naissance, ils ont parlé au peuple et reçoivent des menaces des scribes et des grands-prêtres. Ils sont jetés en prison.
Même chose pour Paul et Barnabé. Paul et Barnabé qui se trouvaient devant un auditoire païen suscitent l’enthousiasme des habitants de Lystre. Mais les Juifs accourent d’Antioche et d’Iconium et veulent infliger à Paul la punition prévue en cas d’apostasie, c’est-à-dire la lapidation. « Ils lapidèrent Paul et le traînèrent hors de la ville, pendant qu’il était mort. » Néanmoins Paul et Barnabé poursuivront leur chemin et Paul continue sa prédication.
Aujourd’hui, nous les retrouvons sur le chemin du retour. Ils revisitent les communautés qu’ils ont fondées ; elles aussi font face déjà à des persécutions puisque saint Luc précise : « Paul et Barnabé les exhortaient à persévérer dans la foi, en disant qu’il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu ».
Il faut noter que Jésus avait déjà utilisé des expressions semblables en parlant de lui… « Mais auparavant, il faut qu’il souffre beaucoup et qu’il soit rejeté par cette génération. » (Luc 17,25) En s’adressant aux disciples d’Emmaüs, il leur disait : « Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » (Luc 24,26) Il est important de comprendre ce « Il faut »! Les épreuves et les souffrances dans les temps de persécution ne viennent pas de Dieu. Dieu ne nous les impose pas. C’est l’inévitable opposition que doivent affronter les prophètes tant que le monde n’est pas converti à l’amour, à la justice, au partage. Ce « Il faut » nous dit que c’est une malheureuse nécessité qui vient de la dureté du cœur des hommes.
Une fois arrivée à leur lieu de départ, c’est-à-dire à Antioche, « Ils rapportèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment il avait ouvert aux nations la porte de la foi. » On sent qu’il y a une grande communion : la mission que Dieu confie aux croyants est une œuvre commune : Dieu confie une mission à l’homme, et l’homme est soutenu, sans cesse inspiré par Dieu.
Il faut toujours garder en mémoire les deux dernières lignes de l’évangile de Saint Matthieu : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28,20)
Rappelons-nous toujours et avant tout que l’évangélisation est d’abord l’œuvre de Dieu. Il précède toujours les missionnaires en envoyant l’Esprit Saint. C’est une prière que nous pouvons toujours faire au Seigneur.
