Mgr J-C. Dufour-12 mai 2019-4e Dimanche de Pâques «C»-Jean 10, 27-30

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 12 Mai 2019 – 4e Dimanche de Pâques «C»  ( Jean 10, 27-30 )

Dimanche de prière pour les vocations

Liturgie des Heures : 4e Semaine

 

Un dimanche de prière pour les vocations en paroisse, j’avais commencé mon homélie en demandant aux gens qui avaient la vocation de se lever. Personne ne s’est levé comme je m’y attendais. On comprenait encore trop que la vocation, c’était la prêtrise ou la vie religieuse.

 

Ce 4e dimanche de Pâques, dimanche de prière pour les vocations a débuté alors que j’étais au grand séminaire, en 1964, il y a 56 ans. On était 80 à se préparer au sacerdoce à ce moment-là. Le besoin de prêtres se faisait moins sentir qu’aujourd’hui.
Aussi, il faut comprendre que l’Église a voulu, en ce dimanche, inviter les fidèles à prier pour toutes les vocations : vocation de tous les baptisés, vocation au mariage, vocation au sacerdoce et à la vie consacrée.

 

En repassant l’histoire de notre salut dans la Bible, on se rend compte qu’elle a été marquée par des récits de vocation beaux et émouvants.
Chaque fois, on remarque qu’il s’agit d’une rencontre entre Dieu et un être humain, un Dieu qui aime les humains, qui a un projet de vie pour eux et un être humain fragile qui vit avec ses peurs et ses générosités, ses résistances et ses capacités d’accueil devant l’appel que Dieu lui fait.
Chaque fois, on découvre qu’au cœur de la vocation, il y a une intimité, une amitié entre Dieu et un homme et une femme qu’il appelle à exercer une mission en son nom.

 

Quand Jésus dit « Viens, suis-moi ! » dans l’évangile, comprenons qu’il s’adresse à chacun et chacune de nous. Il nous appelle à devenir ses disciples, des gens engagés dans son projet d’amour pour tous les humains, des gens appelés à être comme des pasteurs les uns pour les autres.

 

Tous et toutes, nous avons une vocation commune, celle de notre baptême d’abord, vocation à suivre Jésus et à témoigner de son projet d’amour.
Parlant de vocation, le pape Benoît XVI écrivait :
« la perspective est vraiment fascinante : nous sommes appelés à vivre en frères et sœurs de Jésus, à nous sentir fils et filles du même Père. La puissance d’amour de Dieu change le cœur de l’homme et le rend capable de communiquer l’amour de Dieu à ses frères. »
C’est notre vocation première, ce qui ne l’empêche pas de prendre différentes couleurs comme on le voit dans l’évangile.

 

Il y a des gens qui se sont laissé séduire par Jésus. Ils cherchaient la guérison du corps ou de l’âme et ils ont été touchés par la puissance de la grâce. C’était le cas de Zachée, de Bartimée et de bien d’autre.

 

Et il y a des gens qui ont pris eux-mêmes l’initiative de suivre Jésus, simplement par amour. C’était le cas de plusieurs femmes, comme Marthe et Marie, les sœurs de Lazare.

Et il y en a ceux que Jésus est allé chercher aussi différents les uns que les autres : des pêcheurs, un collecteur d’impôts, un révolutionnaire. Ils se sont laissés conquérir par le regard de Jésus, par sa voix qui leur lançait une invitation pressante : « Venez à ma suite et je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. » Ces apôtres, ces disciples ont eu des faiblesses, ont vécu des luttes, ont connu des doutes, mais transformés par le Saint-Esprit, ils sont devenus de puissants hommes de Dieu qui ont bouleversé le monde. (Actes 17,6)

 

Ces personnes aussi différentes les unes que les autres qui ont connu le mystère d’amour du Père représentent la multiplicité des vocations présentes dans l’Église.
Nous prions toujours pour qu’il y ait une multiplicité de vocations dans l’Église. Mais, je pense que l’urgence de notre prière pour les vocations, c’est que les baptisés redécouvrent leur vocation fondamentale. C’est là que se trouve la source des autres vocations.

 

Prions pour que tous les baptisés, et nous aussi aujourd’hui, nous ayons l’audace de la fidélité, la passion de l’Espérance, pour répandre l’amour du Père dans notre monde à nous.
Prier pour les vocations, prier le Maître d’envoyer des ouvriers à sa moisson (Mr 9,37-38), c’est d’abord supplier Dieu d’accomplir son plan de salut dans notre monde d’aujourd’hui.