Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 12 juillet 2021 – Exode 1, 8-14.22
Nous venons de lire un extrait du livre de l’Exode. C’était la description d’un terrible pouvoir qui entraînait chez le peuple Hébreu dans un état tragique. Et finalement, le pharaon ordonne la mise à mort de tous les garçons nouveau-nés en Israël. Vous pouvez faire un lien avec le massacre des saints Innocents par Hérode. (Mat 2,16-18) Il ne faut pas oublier que le livre de l’Exode est le livre de la rédemption. Vous pouvez lire Hébreux 11,23sss. Jésus aussi est le Rédempteur.
Il nous dit dans l’évangile : « Je ne suis pas venu apporter la paix mais le glaive », affirmation étonnante venant de celui qui se déclare « Prince de la paix. » Mais au moment du grand passage, il dit à ces disciples « Je vous laisse la paix », tout en ajoutant « Je ne vous la donne pas comme vous la donne le monde. »
Il nous avertit qu’il y a deux paix : la paix naturelle, individualiste, qui se réduit à l’absence de guerre extérieure.
Et puis, il y a cette autre paix, une paix surnaturelle qui correspond au Règne de la charité, une paix qu’on peut obtenir au pris d’une lutte à n’en plus finir contre nos affections désordonnées.
C’est pour cela, pour une nouvelle création que le Verbe s’est fait chair. Le glaive de la Parole vient dénoncer l’ambiguïté de toute affection, aussi légitime soit-elle, qui viendrait empêcher notre progression vers Dieu. Il est clair que Jésus ne dénonce pas nos amours authentiques; mais qui d’entre nous n’est pas « lié » à l’un de ses proches par quelque « attachement désordonné »? Ce sont tous ces liens ambigus dont le Seigneur veut nous libérer, pour que nous puissions grandir vers des relations vraies, purifiées des séquelles du péché.
Jésus est venu pour nous donner une paix surnaturelle qui correspond au Règne de la charité.
