Mgr J-C. Dufour – 12 janvier 2022 – Ste Marguerite Bourgeoys – Jean 15,   9-17

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 12 janvier 2022 – Ste Marguerite Bourgeoys – Jean 15,   9-17

 

Sainte Marguerite Bourgeoys !
Saint Paul vient de nous dire : « Nous avons été plein de douceur avec vous, comme une mère qui entoure de soins ses nourrissons.  Ayant pour vous une telle affection, nous aurions voulu vous donner non seulement l’Évangile de Dieu, mais jusqu’à nos propres vies. »
On peut y reconnaître Marguerite Bourgeois qu’on a acclamée comme « Mère de la colonie ».  Comme Saint Paul, elle voulait donner l’Évangile.  Un an avant sa mort, elle écrivait : « Il est vrai que tout ce que j’ai toujours le plus désiré et que je souhaite le plus ardemment, c’est que le grand précepte de l’amour de Dieu par-dessus toutes choses et du prochain comme soi-même soit gravé dans tous les cœurs. »
Et puis on peut dire qu’elle a donné sa propre vie à la Nouvelle France.

Tout a commencé pour elle un an après le décès de sa mère.  Elle participe à une procession de l’honneur de Notre-Dame-du-Rosaire et remarquant une sculpture de la Sainte Vierge, elle se sent légère et joyeuse.  Ce jour-là, sa vie paisible est transformée par une grâce particulière, une conversion dit-elle.  Alors elle désire se consacrer à Dieu dans une communauté religieuse, mais les refus étranges d’admission dans des communautés contemplatives la laissent disponible pour la Nouvelle France.

En 1642, le gouverneur Paul Chomedey de Maisonneuve cherche une institutrice pour Ville-Marie.  Il rencontre Marguerite qui lui offre ses services.  Elle s’embarque, n’emportant pour tout bagage qu’un petit paquet sous le bras.  Sa présence sur les bateaux était déjà toute une prédication entraînant des conversions puisque, dit-on : « ils étaient changés comme le linge qu’on met à la lessive ».
Elle effectue plusieurs voyages en France pour recruter des jeunes femmes pour la seconder et l’aider dans l’éducation des jeunes.

C’est une communauté de « vie voyagère » qui est en train de naître, une communauté de « vie voyagère » parce que ces femmes veulent suivre l’exemple de Marie qui avait dû parcourir 130 km pour aller donner un coup de main à sa vieille cousine, Élisabeth.
Sainte Marguerite écrit : « Si la Sainte Vierge n’a jamais été cloîtrée. Si elle a bien été retirée dans sa solitude intérieure, elle ne s’est jamais exemptée d’aucun voyage de charité à exercer.  Nous voudrions la suivre.  La règle de la charité est celle que la Sainte Vierge a prescrite à tous ceux qui ont eu l’honneur d’être à sa suite. »
N’étant à la charge de personne, ces femmes enseignent et font le catéchisme tout au long des rives du Saint-Laurent, à pied, à cheval ou en bateau.

Il y a des points communs entre cette petite communauté naissante et celle des Servantes de Jésus Marie.
Les filles de Marguerite Bourgeoys reconnaissent Marie comme leur mère et protectrice ; elles récitent le chapelet en remerciant Dieu pour les faveurs qui leur sont faites.  Elles accordent beaucoup d’importance à l’adoration eucharistique, adorant Jésus présent dans le tabernacle de leur chapelle.
Marguerite Bourgeois puisait la force pour poursuivre sa mission dans sa dévotion mariale et son amour de l’Eucharistie ; elle enseignait que la prière doit partir du cœur comme de son centre.  Au plus fort des épreuves spirituelles, elle écrit : « je n’ai jamais douté de la miséricorde de Dieu et j’espérais en lui quand je me verrais un pied dans les enfers. »

Comme sainte Marguerite Bourgeoys, nous sommes les amis de Dieu. Mais notre chemin à nous n’est pas terminé.
Cette femme qui voulait que sa communauté suive Jésus « dans sa vie étrette » (ce sont ses propres mots), c’est-à-dire dans sa vie humble et pauvre, peut nous inspirer confiance, amour et don de soi.

Bénissons le Seigneur de l’avoir mis sur la route de notre histoire.