Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 12 février 2025 – Marc 7, 14-23
Les pharisiens et quelques scribes demandent à Jésus : « Pourquoi tes disciples prennent-ils leurs repas avec des mains impures? Jésus leur répondit : « Isaïe a bien prophétisé à votre sujet, hypocrites, ainsi qu’il est écrit : Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. »
On voit bien qu’aux yeux de Jésus, la pureté extérieure ne garantit en rien celle du cœur; parfois même, elle la dissimule.
L’extérieur, on le connaît bien. C’est la zone du paraître, surtout cette image idéale de nous-mêmes que nous poursuivons plus ou moins consciemment.
L’intérieur, c’est ce que nous sommes devant Dieu, lorsque « nous accueillons humblement la parole semée en nous et qui est capable de nous sauver ».
Mais, l’intérieur, c’est aussi l’endroit où bouillonnent l’agressivité et la rancœur, où se glissent le mépris et l’égoïsme, où naît le désir d’utiliser les autres à notre profit.
« Ce qui sort du cœur, dit Jésus, voilà ce qui rend l’homme impur ».
Car c’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent la méchanceté, l’envie, l’orgueil et la démesure.
Ça veut dire qu’il faut travailler l’intérieur, ce cœur blessé et malade. Il faut savoir que ce cœur est aussi le réceptacle de quelque chose de bien plus puissant : la Parole semée en nous, capable de nous sauver, de nous donner la vie et de nous guérir.
Il faut engager résolument le combat.
C’est à la semence de la Parole de Dieu qu’il faut donner toutes ses chances.
Nous savons que nous n’en sortirons pas vainqueur par nous-mêmes, que seule la grâce de Dieu, accueillie au sein des contradictions qui nous tiraillent finira par triompher.
Souvenons-nous de ce qu’écrivait saint Paul :
« Je ne fais pas le bien que je veux et commets le mal que je ne veux pas. Or, si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui accomplis l’action, mais le péché qui habite en moi. […] Malheureux homme que je suis : qui me délivrera ? »
Pourtant, il termine en disant :
« Grâce soit rendue à Dieu par Jésus-Christ, notre Seigneur ».
Une action de grâce !
Ce combat a un sens et une fin heureuse.
Quelle est cette grâce?
C’est la puissance de Dieu qui se déploie dans la faiblesse.
Pas de découragement devant nos faiblesses et nos combats,
juste un peu de persévérance et de confiance.
