Mgr J-C. Dufour 12 décembre 2025 – Notre-Dame de Guadalupe – Luc 1, 39-48

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 12 décembre 2025 – Notre-Dame de Guadalupe – Luc 1, 39-48

 

« Comme ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi? »
Presque un refrain qui habite notre liturgie aujourd’hui.

Deux mères et deux enfants dans ce récit de la visitation. Mais il y a un autre acteur qu’on ne peut oublier, l’Esprit-Saint. Il est invisible et pourtant le plus actif.
C’est lui qui lance la jeune Marie sur la route, c’est lui qui « remplit Élisabeth » de sa présence et lui donne de parler.
C’est encore lui qui donne à Marie son cantique d’Action de grâce.
Avant même la naissance de Jésus, on pressent que l’Esprit Saint jouera un rôle primordial dans la naissance de l’Église,
que l’Esprit sera présent dans son Église pour l’accompagner tout au long de sa mission dans le monde jusqu’à son retour dans la gloire.

Les deux mères et les deux enfants touchés par l’Esprit, ont un trait en commun, ils sont dans la joie.
Élisabeth n’en revient pas du bonheur qui lui arrive avec la visite de la mère de son Seigneur : « Comme ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi? »
Jean-Baptiste tressaille d’allégresse en son sein;
Marie « exalte son Seigneur, son esprit exulte en Dieu son Sauveur ».
Quant à celui qui est la cause de tant de joie, Jésus, comment ne serait-il pas rempli de l’Esprit Saint puisqu’il en est la source débordante?

J’ai dit tantôt que ce récit de la Visitation nous laissait entrevoir déjà la présence de Jésus ressuscité sera présent dans son Église par son Esprit. Ça devrait être un motif de joie pour les croyants, un motif de joie que Jésus avait annoncé :

« Je vous reverrai, et votre cœur se réjouira; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera. » (Jn 16,22)

Nous célébrons aujourd’hui la fête de Notre-Dame-de-la-Guadeloupe, patronne des Amériques. En 1531, la Vierge Marie a confié à un humble paysan une mission pas facile, celle d’aller voir l’évêque pour lui dire qu’elle aimerait voir un sanctuaire érigé en son honneur. Est-ce que le désir de Marie se limitait à la construction d’une bâtisse qui ferait, un jour, partie du patrimoine religieux ou national du Mexique? Je pense qu’il faut aller bien plus loin. Quand on construit des temples ou des églises, c’est pour que les chrétiens et aux chrétiennes puissent « vivre une relation avec Dieu qui soit rafraîchissante et puissante ».
On veut qu’ils aient un lieu où ils puissent se rassembler pour accueillir la parole de Dieu, célébrer ses mystères et se réjouir de la présence du Christ par son Esprit. Au fond, ce n’est pas une petite mission que Marie confie à Juan Diego. Son mandat de construire une église en son honneur va jusqu’à la construction d’une Église avec un grand « E »!

Car seul l’Esprit peut nous faire tenir dans « la joie de l’espérance aux jours d’épreuve ».
C’est encore l’Esprit qui nous donne d’être « unis les uns aux autres par l’affection fraternelle, rivalisant de respect les uns pour les autres, et partageant avec ceux qui sont dans le besoin »
C’est toujours le même Esprit qui nous fait vivre les Béatitudes, qui fait vivre la joie dans son Église.
Marie est bien plus qu’un modèle pour nous. Elle nous révèle ce qu’elle a dans le cœur, son projet de collaborer avec son Fils pour construire l’Église avec le secours de l’Esprit saint.