Mgr J-C. Dufour – 12 décembre 2020 – Notre-Dame de Guadelupe – Luc1, 39-48

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 12 décembre 2020 – Notre-Dame de Guadelupe – Luc 1, 39-48

 

Jeudi, je me suis arrêté un peu sur une phrase du Magnificat de Marie : « Le puissant fit pour moi des merveilles. »  Aujourd’hui, j’ai le goût de dire : « En nous donnant Marie, le puissant fit pour nous des merveilles ».

 

En nous donnant Marie, Dieu fait pour nous des merveilles. Elle est celle qui nous conduit et nous ramène toujours vers son Fils Jésus. Saint Bernard empruntait une drôle d’image pour nous décrire le rôle de Marie dans notre vie. Il disait qu’elle était comme un aqueduc, comme un conduit qui amène l’eau pour les besoins de toutes sortes. Ainsi Marie est comme un aqueduc ; elle porte et donne Jésus, son Fils comme une eau vivifiante qu’elle nous transmet dans toutes les circonstances de notre vie.

 

« En nous donnant Marie, Dieu fait pour nous des merveilles »
On le voyait dans l’événement concret que Luc nous raconte dans l’évangile d’aujourd’hui. « Marie se mit en route et se rendit avec empressement » vers la maison de Zacharie et Élisabeth. Bien sûr qu’elle va donner un coup de main à sa cousine. Mais il y a bien plus !    Élisabeth est la première dans l’histoire du salut à qui Marie apporte son Fils ; ce sera la même chose pour le précurseur qui tressaillit en Élisabeth. Non seulement Marie apporte le Fils de Dieu, mais elle apporte une immense joie de telle sorte qu’Élisabeth « remplie de l’Esprit Saint » entonne un chant de joie et que Marie elle-même exulte en Dieu, mon sauveur.

 

On en a une illustration très concrète dans la fête de Notre-Dame de Guadalupe.

Au 15e siècle, la Vierge apparut à un pauvre indien nommé Juan Diego, qui s’était converti avec sa femme à l’âge de 51 ans.

Il s’en allait à l’église pour assister à la messe quand, au pied d’une montagne, il entendit une très douce musique. Il regarda d’où venait cette musique, et à sa grande surprise, il vit un brillant rayon de lumière, illuminant une dame magnifique. Elle lui dit d’aller trouver l’évêque pour lui raconter la vision dont il venait d’être témoin et lui demander de construire un sanctuaire en son honneur, pour faire connaître son amour du peuple mexicain.

Lorsque le pauvre Juan Diego rencontra l’évêque, celui-ci ne voulut pas le croire. Il exigea une preuve de cette apparition. Et cette preuve lui fut donnée ! Alors que c’était l’hiver, Juan Diego vit un rosier plein de belles roses.   Notre-Dame demanda à Juan Diego d’en faire un bouquet et de l’apporter à l’évêque. Le prélat fut ébahi du prodigieux signe que le ciel lui envoyait et il prit les roses dans ses mains. Puis soudainement, il se jeta à genoux : ses yeux contemplaient une peinture de Notre-Dame-de-la-Guadeloupe, peinte sur le manteau de Diego !

La peinture qu’il y avait sur le manteau de Juan Diego. Qu’est-ce que ça disait aux Indiens qui la voyaient ?

Dans cette image, ils voyaient une très belle Dame, debout, face au soleil, signe qui indiquait pour eux qu’elle était plus grande que le dieu-soleil qu’ils adoraient. Et le croissant de lune sous ses pieds était la preuve que leur dieu-lune était moins que rien puisqu’il se tenait en dessous de la dame. Le fait que la dame soit portée par un ange dénotait qu’elle n’était plus de ce monde.   Et ses belles mains jointes pour la prière prouvaient qu’il y avait quelqu’un plus grand qu’elle.

Tout dans cette image enseignait donc des choses bien importantes pour les Indiens. C’est pourquoi ils se sont convertis par millions en quelques années à peine.

 

En donnant Marie, Dieu avait encore fait des merveilles. Elle est proclamée Mère de l’Amérique par Jean-Paul II en 1999. Elle est toujours celle qui nous donne Jésus dans toutes les circonstances de notre vie et qui, par le fait même, suscite beaucoup de joie dans nos cœurs.