Mgr J-C. Dufour- 12 août 2020 – Matthieu 18,15-20

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 12 août 2020 – Matthieu 18,15-20

 

Nous savons très bien que, pour le Christ, l’amour du prochain est de première importance, surtout dans une communauté d’Église.   Elle doit se montrer capable d’accueillir, de pardonner, de se réconcilier, de permettre le retour de celui ou de celle qui s’est éloigné. On n’a qu’à penser à l’histoire du retour de l’enfant prodigue.

Après le départ de Jésus, l’Église a été confrontée aux péchés de ses membres. On peut le voir dans les lettres de Saint Paul, dans les Actes des Apôtres. Elle s’est demandé ce qu’il fallait faire dans ces cas-là. On est souvent pris dans des conditions semblables ! Par exemple, on a un ami qui est en train de sombrer dans un problème de boisson, un autre qui est en train de tout gaspiller au casino.    Qu’est-ce qu’il faut faire dans ce temps-là ?

Une première réaction qu’on voit souvent, c’est de s’en laver les mains en se disant : « Ce sont des adultes, qu’ils prennent les responsabilités de leurs gestes, qu’ils se débrouillent, ça les regarde ».    Ce n’est pas nouveau ! Déjà Caïn qui venait de tuer son frère Abel disait à Dieu « Suis-je le gardien de mon frère ? »

On ne peut pas dire que ça rejoint très bien l’évangile d’aujourd’hui ! En appelant Dieu « Notre Père », nous reconnaissons que tous les disciples de Jésus sont nos frères et nos sœurs. Et, de ce fait, nous avons une responsabilité envers eux.   Vous avez remarqué les mots que Jésus emploie dans l’évangile : « si ton frère… prends avec toi une ou deux personnes… dis-le à la communauté de l’Église… »  Autant d’expressions qui nous rappellent que nous sommes des frères et des sœurs, responsables les uns des autres, responsables de la foi de chacun, et chacun responsable de la foi de tous.

Une autre réaction qui est très répandue dans notre monde, quand des personnes ont commis des erreurs, c’est de s’empresser de les juger et de mettre ça sur la place publique. Ça s’est beaucoup vu dernièrement sur les réseaux sociaux. On ne brûle plus les sorcières comme dans les temps anciens, mais on tombe dans la même intolérance, le même sectarisme. Ce n’est pas mieux.

On ne peut pas dire que ça rejoint bien l’évangile d’aujourd’hui ! Si on veut aider quelqu’un à retrouver lui-même son chemin, il faut commencer par l’accueillir, l’écouter, le respecter, partager ses interrogations et ses souffrances.

Il peut arriver, au nom même de la solidarité qui nous unit, que nous ayons à faire une démarche de correction fraternelle, mais il ne faut jamais oublier que ça doit se faire dans un climat de respect et surtout dans un climat d’amour comme nous le rappelait si bien Saint-Paul : « Ne gardez aucune dette envers personne, sauf la dette de l’amour mutuel… L’amour ne fait rien de mal au prochain… l’accomplissement parfait de la Loi, c’est l’amour. »

Les derniers mots de l’évangile nous disent : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »   Pendant notre célébration, remercions Celui qui est au milieu de nous, qui nous aide toujours à nous découvrir comme des frères et des sœurs et qui ne cesse de nous apprend le vocabulaire de l’amour et du pardon.

« Donne à tous ceux qui se déclarent chrétiens de rejeter ce qui est indigne de ce nom, et de rechercher ce qui lui fait honneur. » [1]

[1] Prière d’ouverture