Mgr J-C. Dufour – 11 septembre 2023 – Luc 6, 6-11

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 11 septembre 2023 – Luc 6, 6-11

 

Dans la synagogue du village ce jour-là, il y avait un handicapé, des scribes et des pharisiens qui surveillaient Jésus, et sans doute d’autres personnes.  L’occasion était belle pour les scribes et les pharisiens pour voir si Jésus ferait une guérison, surtout que c’était le jour du sabbat, ils auraient ainsi une raison de l’accuser.

Portons d’abord les yeux sur l’homme qui a la main droite desséchée.
De toute la scène, il ne prononce pas un seul mot; il ne demande rien, ni à Jésus ni aux autres, c’est sa main droite qui parle pour lui.  Il est sans doute étonné de voir que, pour une fois, tout le monde s’intéresse à lui en raison de son infirmité.  Alors que les gens sont assis pour écouter l’homélie,  Jésus lui demande de se lever.   

Regardons maintenant les scribes et les pharisiens.
Eux aussi ne disent pas un mot.  Ils ne se font aucun souci pour le pauvre homme, et pas plus pour sa guérison.  Pour eux, la guérison du pauvre homme n’est qu’un moyen de faire échec à Jésus; le pauvre homme n’est qu’une pièce à conviction qui servira dans le procès qu’on veut faire à Jésus.  Ce qui les intéresse, c’est de prendre Jésus en défaut, et ainsi de sauver la loi qui est un précepte reçu de la tradition.

Portons maintenant nos yeux vers Jésus. Dans  tout l’évangile, il est le seul qui parle.

D’abord, nous dit saint Luc, Jésus « connaissait leurs raisonnements ».  Il voyait venir les scribes et les pharisiens;  il savait qu’ils voulaient le prendre en défaut.  Et pour bien leur montrer qu’il connaissait leur intention, c’est lui qui prend l’initiative en posant la vraie question avant même de guérir l’handicapé.
« Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal? De sauver une vie ou de la perdre? »
La vraie question qu’il leur pose est celle-ci :
« qu’est-ce qu’il vaut mieux faire, un jour de sabbat, guérir un homme, comme j’en ai le pouvoir ou attenter à la liberté des hommes, comme vous en avez l’habitude? »
Tout un renversement!  L’accusé qui est Jésus devient l’accusateur, celui qui est jugé prend l’attitude d’un juge.

Jésus attend une réponse.
Il prend le temps de regarder tout le monde, le temps de regarder ceux qui éprouvent de l’admiration pour lui, ceux qui veulent le prendre au piège.
Mais personne ne parle.
Les scribes et les pharisiens se taisent parce qu’ils viennent d’être démasqués; ceux qui éprouvent de l’admiration se taisent aussi parce qu’ils ont peur des représailles.

Jésus a été le seul à parler, il sera le seul à agir. « Étends ta main », dit-il à l’homme.
Sur l’ordre de Jésus, l’homme étend la main. Il a eu assez de foi pour poser une geste qui n’avait jamais été possible pour lui.  Il n’a rien demandé, mais il obéit à la parole de Jésus.  C’est quelque chose!
Dans toute la communauté qui est là, il est le seul à faire confiance à Jésus.

Jésus réprimande les scribes et les pharisiens.
Dans leur pratique religieuse ils manquent de compassion et d’amour, ce qui est le cœur de l’évangile.


Le geste de Jésus devrait être très parlant pour nous.
Il nous met devant un discernement vital :
sauver ou perdre,
faire œuvre de vie ou refuser ?