Mgr J-C. Dufour- 11 septembre 2020 – Psaume 84(83)

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 11 septembre 2020 – Psaume 84(83)

 

J’ai pensé ce matin faire une réflexion sur le psaume 83. Pourquoi ? Pour trois raisons.   D’abord parce que j’ai toujours été fasciné par cette phrase qui dit : « L’oiseau lui-même s’est trouvé une maison, et l’hirondelle un nid pour abriter sa couvée ». Ne me demandez pas pourquoi, peut-être parce qu’on aimait les observer quand j’étais jeune. Ensuite, je trouve que le psalmiste livre un puissant témoignage à ceux et celles moins intéressés à participer à la liturgie : « Mon cœur et ma chair sont un cri vers le Dieu vivant. »  Finalement, parce que ce psaume revient assez souvent en liturgie, par exemple aux laudes du lundi de la troisième semaine et quelques fois aussi dans la messe, comme aujourd’hui.

La première chose que le psalmiste nous dit, c’est : « Mon âme s’épuise à désirer tes parvis ». C’est un pèlerin sans doute. Il a hâte de se retrouver dans le Temple de Dieu. Quand il n’y est pas, c’est comme s’il mourait à petit feu. Il nous fait part de sa soif intérieure et de la tension spirituelle qui l’habite. D’un verset à l’autre, il est question de désir, de l’âme qui soupire et qui languit, du cœur qui ne peut se retenir de crier de joie vers Dieu. Il a hâte de se retrouver dans la maison de Dieu parce qu’il l’aime. Il veut le retrouver. Il sait que celui qui l’accueille dans sa maison est source de bonheur et de grâce, autant pour les pèlerins que pour les familiers du sanctuaire.

Il se prend à envier le bonheur de ceux qui peuvent fréquenter assidûment le Temple, « les habitants de ta maison » qui peuvent en permanence y offrir la louange. Il souhaiterait pouvoir habiter en permanence dans la maison de Dieu, comme l’oiseau ou l’hirondelle qui ont accroché leur nid à une corniche du sanctuaire, tant est grande la soif qu’il éprouve de sa présence.

Mais il reconnaît que le plus important, c’est que soient maintenus la confiance vivante en Dieu et le désir profond de la rencontrer, peu importe l’endroit.

J’imagine Jésus priant ce psaume dans la synagogue et dans ses moments de solitude.   Il a dû reprendre certaines phrases ou certains mots comme « Dieu vivant », « Seigneur de l’univers », « mon roi et mon Dieu ».   Il s’adressait à Dieu avec un nom différent ; il l’appelait son Père.

Pour lui aussi, ce qu’il fallait retenir de plus important c’était la confiance en Dieu et le désir de la rencontrer parce que « des chemins s’ouvrent dans leur cœur. »  C’est pourquoi il a relativisé l’importance du Temple, par exemple en disant à la Samaritaine : « Les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité. » Et plus encore, il invitait les siens à vivre comme s’ils étaient eux-mêmes le Temple de Dieu, comme s’ils étaient eux-mêmes habités par la présence de Dieu.

En priant ce psaume, souhaitons, comme le psalmiste, que le Seigneur de l’univers soit reconnu et aimé. Souhaitons que son règne vienne, règne de justice, de paix et de fraternité entre les hommes et les femmes. Et puis, remercions le Seigneur Dieu pour son écoute, sa proximité, son désir de voir vivre tous ceux et celles qu’Il a créés ; remercions-le pour tous ses dons et surtout, pour ce qu’il est.

« De quel amour sont aimées tes demeures, Dieu de l’univers »