Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 11 novembre 2024 – Luc 17,1-6 – Saint Martin de Tours
Tout au long de la route qui mène à Jérusalem, Jésus donne des enseignements à ses disciples. Aujourd’hui, par exemple, il nous donne trois traits qui devraient faire partie du visage des disciples : éviter d’être cause de scandale, pardonner sans cesse et prier pour que notre foi grandisse.
Devant ces exigences, les apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi. »
On peut les comprendre, elle seule peut les affermir devant les scandales. Elle seule pourra leur donner la force de pardonner sans cesse.
Vous avez remarqué sans doute la présence du chiffre sept; c’est un chiffre qui nous renvoie à l’infini.
Soyez prêt à pardonner, même si ton adversaire recommence.
Soyez prêt à pardonner autant qu’il le faudra. Si ton frère pèche indéfiniment, pardonne indéfiniment.
Pose toujours un regard d’espérance sur tes sœurs ou tes frères.
J’ai dit tantôt que le chiffre sept nous renvoie à l’infini, à celui qui, comme on le disait hier, ne juge personne.
En demandant à Jésus d’augmenter leur foi, les apôtres manifestent leur besoin de la présence de Dieu en eux pour pouvoir pardonner.
Car seul Dieu peut pardonner en nous, pour que toute réconciliation soit possible.
« Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. »
Ce que j’entends de cet évangile, c’est de ne jamais dire : « Assez, c’est assez. »
Jamais Jésus n’a dit « Assez, c’est assez » même s’il a dû en avoir assez d’être pourchassé, épié, jugé injustement. Même sur la croix il n’a pas dit : « Assez, c’est assez ».
Et Jésus, comme pour les encouragés leur révèle la toute puissance d’agir de Dieu dans l’infiniment petit : « si vous aviez la foi, gros comme une graine de moutarde… »
Soyez miséricordieux comme votre Père des cieux vous l’a enseigné, pardonnez comme lui-même vous a pardonné en Jésus.
Ça tombe bien aujourd’hui ! En effet nous célébrons Saint Martin de Tours, qu’on appelle aussi Saint Martin, le miséricordieux. Jeune soldat, il est muté en Gaule, et c’est là qu’à Amiens, il rencontre un pauvre grelottant à qui il donne son manteau. Il apprend la nuit suivante que c’est le Christ qui lui a fait cette demande.
Il hésitait à devenir chrétien, il s’y décide enfin. Il quitte l’armée, il fonde des monastères, il est enlevé par les gens de Tours qui en font leur évêque. L’ancien soldat devenu chrétien passera son temps à évangéliser. Ses dernières paroles de vie adressées à Dieu étaient les suivantes :
« Seigneur, en voilà assez des batailles que j’ai livrées pour toi.
Je voudrais prendre congé.
Mais si tu veux que je serve encore sous ton étendard, j’oublierai mon grand âge. »
