Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 11 novembre 2022 – St Martin de Tours – Luc 17, 26-37
Juste avant l’évangile d’Aujourd’hui, saint Luc nous disait que « Jésus marchait vers Jérusalem ». C’était déjà une manière de nous dire que Jésus marchait vers sa mort et sa résurrection. Jésus sait que sa fin approche; il y pense, et il en profite pour nous donner un enseignement sur notre fin à nous, en nous annonçant en plus qu’un jour, il y aura une autre fin, la dernière celle-là.
Jésus nous parle du temps de Noé, des habitants de Sodome, de la femme de Loth qui ont tous péri par un déluge d’eau ou de feu. Mais remarquez bien que Jésus ne parle pas de condamnation dans l’évangile, mais d’activités bien ordinaires : manger, boire, se marier, acheter, vendre, planter, bâtir ! On peut bien se demander, c’est quoi le problème ?
Et Jésus nous parle d’un jour qui en surprendra beaucoup. Ce jour-là, nous dit-il, on n’aura plus le temps de retourner en arrière, de descendre dans sa maison pour faire sa valise, prendre ses bijoux, pour emporter notre manteau ou notre veste. Autrement dit, on ne pourra pas compter sur nos biens, sur notre compte de banque, sur nos acquis, et encore plus sur nous-mêmes pour notre salut. Alors que Dieu est là, qui attend notre amour, on ne pourra pas se fier sur tout ça. Bien sûr, on peut vivre les joies saines du monde, mais il ne faut pas arrêter d’attendre celles que Dieu nous promet.
Saint Jean, dans la 2e lettre, écrivait des mots qui traduisent bien l’évangile de ce matin. « Quiconque va trop loin et ne se tient pas à l’enseignement du Christ, nous dit-il, celui-là se sépare de Dieu. Mais celui qui se tient à cet enseignement, celui-là reste attaché au Père et au Fils. » (2 Jean 1,9)
Nous célébrons ce matin Saint Martin de Tours, qu’on appelle aussi Saint Martin, le miséricordieux.
Pour reprendre les mots de Saint Jean, il a tenu à l’enseignement du Christ. Jeune soldat, il est muté en Gaule, et c’est là qu’à Amiens, il rencontre un pauvre grelottant à qui il donne son manteau. Il apprend la nuit suivante que c’est le Christ qui lui a fait cette demande.
Il est le premier saint à être vénéré sans avoir subi le martyre. Ses dernières paroles de vie adressées à Dieu étaient les suivantes :
« Seigneur, en voilà assez des batailles que j’ai livrées pour toi. Je voudrais prendre congé. Mais si tu veux que je serve encore sous ton étendard, j’oublierai mon grand âge. »
Enfin, on sent bien que, peu à peu, l’Église par les textes qu’elle nous propose dans la liturgie commence à nous préparer au temps de l’Avent, au temps de la venue de Jésus, de cette première venue de Jésus à Noël, de sa venue parmi nous aujourd’hui, et de cette venue qu’on attend toujours où il viendra prendre ceux qui s’en sont remis à lui pour les amener dans son Royaume de gloire.
