Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 11 juillet 2022 – Saint Benoît – Matthieu 10, 34, 11-1
« Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive »
Comment Jésus a-t-il pu dire une chose pareille ?
À plusieurs reprises, il a parlé de paix. Il dit à une femme qu’il vient de guérir : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »
et, à une autre : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix. »
Et puis, chaque fois que nous célébrons l’Eucharistie, nous rappelons une de ses Paroles en disant : « je vous donne la paix, je vous laisse ma paix. »
Que faut comprendre ? Jésus apporte-t-il la paix ou le glaive ?
« Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. » Cette parole de Jésus peut nous surprendre. Lui, le Prince de la paix est venu pour instaurer la paix et l’unité parmi les hommes et tous les peuples. Pourtant, sa vie nous démontre qu’il n’a pas eu la tâche facile, qu’il n’a pas rencontré la paix.
Déjà, lors de sa naissance, les hommes ont cherché à le tuer et sa famille a été forcée de fuir en exil. Il a commencé son ministère en luttant contre le démon dans le désert. Tout au long de son ministère, il a constamment été repoussé, rejeté et accusé. En fin de compte, il meurt sur une croix.
Pas plus tard qu’hier, saint Paul, en nous parlant du Christ, nous dit : « Faisant la paix par le sang de sa croix, la paix pour tous les êtres sur la terre et dans le ciel. »
Il en est de même pour nous.
Notre décision personnelle de suivre Jésus est souvent marquée de moments de lutte. Parfois, les êtres qui nous sont les plus chers ne nous comprendront pas et pourraient même nous rejeter. Mais notre décision à suivre le Christ demeure intacte parce qu’Il est notre chemin vers la paix. C’est lui qui nous apporte la paix.
Après avoir dit à ses disciples qu’il n’était pas venu apporter la paix, mais le glaive, Jésus « partit de là pour enseigner et proclamer la Parole dans les villes du pays. » C’est pour cela qu’il avait été envoyé. Il n’a pas faibli face à sa mission. Les difficultés ne l’ont pas arrêté. Pendant les trois années qu’ils ont vécu avec lui, les apôtres l’ont observé ; ils ont appris de lui à ne pas se laisser arrêter par les difficultés.
La manière de vivre de Jésus deviendra leur modèle de vie.
Nous fêtons aujourd’hui Saint Benoît qui a longuement médité sur la meilleure façon de vivre pour trouver Dieu.
Ça n’a pas toujours été facile : on a cherché à l’empoisonner, il a été chassé de l’endroit où il demeurait avec les siens. Comme les apôtres qui ont observé Jésus, il a appris à ne pas faiblir, il a appris la détermination comme Jésus. Il écrira une règle qui a inspiré de nombreux ordres religieux.
Prenons le temps, nous aussi, d’observer Jésus.
Les difficultés et l’opposition qu’on peut rencontrer dans l’exercice de notre mission ne signifient pas que nous faisons fausse route. Elles sont au contraire une occasion d’approfondir notre décision de suivre le Christ et de travailler encore plus avec lui et pour lui, car il nous dit : « je vous donne la paix, je vous laisse ma paix… regarde la foi de ton Église. Pour que ta volonté s’accomplisse, donne-lui toujours cette paix. »
