Mgr J-C Dufour-11 janvier 2019-Luc5,12-16

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 11 Janvier 2019

( Luc 5, 12-16 )

 

Dans les prochains jours, nous serons confrontés au mystère « Jésus » : homme ou Dieu, homme et Dieu.
Saint Jean vient de nous dire que celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu, celui-là est sauvé et possède la vie.
Saint Paul abonde dans le même sens dans l’épître aux Romains : « En effet, si de ta bouche tu affirmes que Jésus est Seigneur, si dans con cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, alors tu seras sauvé» (Rm 10,9)

Dire que Jésus est « Seigneur », c’est le reconnaître comme Dieu, et dire que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, c’est le reconnaître comme un homme. Seuls les hommes peuvent ressusciter d’entre les morts.

 

Croire que Jésus est le Fils de Dieu, croire que Jésus est Seigneur, c’est ce qui permet d’être guéri, d’être sauvé.
On le voit très bien dans l’évangile de ce matin.

 

À la fin de l’évangile, Saint Luc nous dit que de grandes foules accouraient vers Jésus pour l’entendre et se faire guérir, mais que ça ne l’empêchait pas de se retirer dans les endroits déserts et de prier. Pourtant, quand un seul lépreux manifeste son besoin d’être purifié, Jésus prend tout son temps. Il avait sans doute pressenti toute la foi de ce pauvre homme.

 

En voyant Jésus, le lépreux tombe la face contre terre, prosterné, et lui fait toute une prière : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. »
Étonnants ces mots du lépreux ! Il faut le remarquer ! Il ne dit pas à Jésus « Si tu peux », il sait déjà que Jésus peut le guérir, mais « Si tu veux », si tu veux faire pour moi ce que tu as déjà fait pour tant d’autres. Il suffit que tu le veuilles et ma lèpre va disparaître pour toujours. Je retrouverai ma joie de vivre, ma place parmi les hommes, mon honneur d’homme et de croyant.
Vraiment une belle prière, celle du lépreux !

 

À sa foi impatiente, Jésus répond sans tarder,
prend tout le temps qu’il faut, pose des gestes pleins d’attention :
il abolit les distances, il étend la main, il touche l’intouchable.
Il veut que l’homme sente une main fraternelle posée sur lui.
Alors le lépreux entend les mots qu’il a lui-même suggéré à Jésus : « Je le veux, sois purifié », et la parole de Jésus accomplit ce que son geste signifiait.
Il est guéri, la lèpre le quitte sur un ordre du Fils de Dieu.

 

Le premier geste du lépreux a été de se prosterner devant Jésus, la face contre terre.
Ensuite, il s’adresse à Jésus en le nommant « Seigneur»

Il reconnaît dans sa prière que Jésus est capable de le guérir, que Jésus a pouvoir sur le mal et sur la mort.
Une foi profonde, celle du lépreux !

 

Les grandes foules qui accouraient vers Jésus voulaient se faire guérir. C’était leur premier geste.
Pour le lépreux, c’est le contraire. Il commence par se prosterner et dire sa foi.
Ça devrait susciter chez nous une piste de réflexion.
Quand on s’adresse à Jésus, est-ce qu’on s’adresse d’abord comme à un guérisseur?
Ou bien, comme le lépreux, allons-nous d’abord vers lui avec un sentiment d’adoration et de reconnaissance parce qu’on sait qu’il veut nous sauver tout entier de la mort et du péché ?