Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 11 Février 2019 – Notre-Dame-de-Lourdes
Journée mondiale des malades et des infirmes
( Marc 6, 53-56 )
Journée mondiale de prière pour les malades et les infirmes aujourd’hui.
Et nous venons d’écouter un évangile qui nous parle des guérisons opérées par Jésus. On ne sait pas combien, mais, à lire l’évangile, il semble que ce soit beaucoup. Dès qu’il aborde à Génésareth, les gens parcourent toute la région pour lui apporter les malades. En plus, dans tous les endroits où il se rendait, villages, villes ou campagne, on déposait les infirmes sur les places. Ceux qui arrivaient à toucher la frange de son manteau étaient sauvés.
Tous les évangélistes insistent sur les multiples guérisons de Jésus.
Pourquoi ?
Pourquoi a-t-il guéri la femme qui avait des pertes de sang ?
Pourquoi a-t-il ressuscité la petite fille de Jaïre, délivré un possédé d’un esprit mauvais, invité un paralysé descendu devant lui à prendre son grabat et à retourner chez lui ?
Je pense que Jésus a d’abord voulu nous montrer qu’il prenait nos maladies et nos infirmités au sérieux jusqu’à s’en charger. Il a tellement ressenti notre souffrance qu’il l’a prise sur lui.
Je pense qu’il y a une deuxième raison. Les gens guéris ont pu commencer une vie nouvelle ; ils réalisaient qu’ils étaient devenus des créatures nouvelles.
En nous racontant de nombreuses guérisons, je pense que les évangélistes ont voulu nous enseigner que, grâce à Jésus, nous, les hommes et les femmes, nous marchons vers quelque chose de meilleur, nous montrer que Jésus vient faire de nous des créatures nouvelles. C’est ce que les personnes guéries pouvaient ressentir dans le plus profond de leur être.
Nous savions que Dieu était bon, nous savions qu’il nous avait créés par amour. Jésus, continue de nous le dire, mais ses gestes, ses guérisons nous révèlent concrètement la bonté de Dieu à notre endroit.
Les évangiles vont encore plus loin. Plus Jésus est mal vu par les grands de Jérusalem, plus il manifeste sa grande bonté. C’est quand il est rejeté, quand il est contesté qu’il est à son meilleur, qu’il nous montre la bonté de Dieu au maximum.
Et ce n’est pas fini ! Ses gestes de bonté et de compassion ne sont jamais épuisés, nous en sommes les bénéficiaires chaque jour, plusieurs parmi vous ont pu en bénéficier d’une manière spéciale lors de la célébration des malades, samedi dernier.
Devant cette présence et cette bonté de Dieu à notre endroit, on peut s’émerveiller comme le psalmiste qui chantait :
« qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui, le fils d’un homme, que tu en prennes souci ? » (Ps 8, 5)
Oui, vraiment, qui sommes-nous pour bénéficier des immenses bontés du Christ ?
Qui sommes-nous pour voir le Christ venir vers nous pour porter nos souffrances ?
En cette journée des malades, je veux vous relire les mots du pape Paul VI prononcés le 8 décembre 1965, lors de la clôture du Concile Vatican II.
« Le Christ n’a pas supprimé la souffrance ; il n’a même pas voulu nous en dévoiler entièrement le mystère : il l’a prise sur lui, et c’est assez pour que nous en comprenions le prix.
Vous tous qui sentez plus lourdement le poids de la croix,
vous qui êtes pauvres et délaissés, vous qui pleurez,
vous qui êtes persécutés pour la justice,
vous sur lesquels ont se tait, vous les inconnus de la douleur,
reprenez courage ;
vous êtes les préférés du royaume de Dieu,
le royaume de l’espérance, du bonheur et de la vie ;
vous êtes les frères du Christ souffrant,
et avec lui, si vous le voulez,
vous sauvez le monde. »
