Mgr J-C. Dufour 11 avril 2025 – Jean 10,31-42

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE :  11 avril 2025 – Jean 10,31-42

 

« En ce temps-là, de nouveau, des juifs prirent des pierres pour lapider Jésus. »

Jésus n’échappera pas aux mains de ceux qui veulent l’arrêter et le mettre à mort. L’Évangile nous laisse entendre que la passion de Jésus est déjà commencée, pas nécessaire d’attendre le Vendredi saint. Mais, pendant tout ce temps, il demeurera fidèle à l’amour de son Père.

Jésus a vécu les dernières semaines de sa vie terrestre entouré d’ennemis impitoyables. Pourquoi veulent-ils lapider Jésus ?
Parce qu’à leurs yeux il blasphème en se faisant Dieu. Souvent on pense à la passion de Jésus comme au Vendredi saint : son jugement devant Hérode, Pilate, sa flagellation, sa couronne d’épines, sa marche douloureuse vers le calvaire, les clous sur la croix, les insultes. Mais, nous le savons bien, il y a des souffrances qui ne sont pas physiques, mais qui font très mal aussi. Jésus a vécu ce qui fait le lot de tant d’êtres humains : la peur, le souci, l’insécurité, l’incompréhension, vivre au milieu des gens qui déforment les intentions, ne pas réussir à se faire comprendre. On voit tout ça dans l’évangile.

« Eux cherchaient de nouveau à l’arrêter, mais il échappa à leurs mains. »

On peut se poser bien des questions ?
Comment Jésus réagissait-il intérieurement ?
Avait-il des amis avec qui il pouvait parler ou se confier ?
On ne le saura jamais, mais on sait qu’au cœur de toute sa souffrance, il possédait une paix profonde. Dans les moments les plus difficiles, il pouvait s’appuyer sur son Père. Il se savait aimé, entouré, choyé.
« Vous reconnaîtrez, et de plus en plus, que le Père est en moi, et moi dans le Père », disait-il à ceux qui veulent le lapider.

Jésus se présente comme Dieu, ce sera la cause de sa mort.
C’est le sommet de son enseignement, Il se présente comme le Fils de Dieu,
comme Dieu qui s’est incarné, qui a voulu vivre la condition humaine.

Jésus essaie de raisonner les siens, mais rien n’y fait. Il ne rentre pas en polémique avec eux, il ne les insulte pas, il ne rentre pas en guerre avec eux, mais il s’en va tout simplement là où Jean Baptiste baptisait et où il y avait encore des disciples. Ceux-là le reconnaissent et croient en lui.

Oui, « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu »

 C’est un don de Dieu, une grâce que nous n’avons pas méritée.
Mais en même temps on peut dire que c’est un appel exigeant,
un appel à la perfection, à l’amour absolu.
En le réalisant, nous pouvons nous souvenir de cette phrase que Jésus nous a dite :
« Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »
À son exemple, demeurons dans l’amour.