Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 11 avril 2021 – 2e dimanche de Pâques – Jean20, 9-31
L’expérience des premiers témoins n’a pas été tant de le voir, de le toucher, mais de réaliser que Jésus qui était doté d’une vie nouvelle donnait quelque chose de cette vie à ceux et celles qu’ils rencontraient. Ceux ou celles qui vivaient dans la peur devenaient pleins de courage ; ceux et celles qui doutaient avaient maintenant une certitude ; Jésus est vivant ! Plus, il faisait vivre ! Saint Jean nous le dit aujourd’hui : « pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom ».
« En ressuscitant, il nous a rendu la vie », nous dira la préface tantôt.
La vie de Dieu,
c’est celle qui fait de nous des enfants de Dieu, des enfants qui se savent aimés par le Père ; c’est aussi celle qui fait de nous des frères et des sœurs.
La vie de Dieu ! C’est une vie d’amour
déposée par le Père comme une perle au fond de notre cœur, une vie de fidélité qui nous fait garder ses commandements et qui nous donne la force de les vivre au quotidien dans l’accueil, le partage, le don de soi et le pardon parfois si difficile.
La vie de Dieu ! C’est une vie de paix
semée au plus profond de nous-mêmes quand nous éprouvons la peur de vivre ou la peur des autres, quand nous nous enfermons derrière les portes verrouillées de l’égoïsme, du doute ou de l’indifférence.
La vie de Dieu ! C’est une vie vécue dans la miséricorde.
Dans son journal, Sœur Faustina écrit : « Ma fille, dis que je suis l’Amour et la Miséricorde en personne ». Il est bon d’écouter le prophète Michée nous dire : « Qui est Dieu comme toi, pour enlever le crime… un Dieu qui ne s’obstine pas pour toujours dans sa colère mais se plaît à manifester sa faveur ? De nouveau, tu nous montreras ta miséricorde, tu fouleras aux pieds nos crimes, tu jetteras au fond de la mer tous nos péchés ! » (Michée 7,18-19)
La vie de Dieu ! C’est une vie de lumière
qui fait voir les aveugles : on n’a plus besoin des mains d’un Thomas, des mains qui s’avancent pour toucher une certitude. On n’a plus besoin des yeux du corps, les yeux du cœur suffisent pour voir les signes de la présence du Ressuscité au milieu de nous : dans notre histoire, dans les autres, dans nos assemblées, dans le pain partagé.
La vie de Dieu ! C’est cette vie forte et puissante
qui soulève ces fragiles, ces boiteux de la foi que nous sommes parfois et qui, à la suite de Jésus, nous envoie tout joyeux vivre notre foi au milieu des gens, dans tous ces lieux où nous sommes : pour serrer avec chaleur, au nom du Christ, les mains marquées par les clous de la pauvreté ; pour consoler les cœurs transpercés par le chagrin. C’est une vie qui nous donne assez de souffle pour dire : Christ est ressuscité ! Christ est vivant !
Cette vie-là faite d’amour, de paix, de fidélité, de lumière : nous l’avons reçue dans les eaux de notre baptême.
Nous sommes nés de l’amour éternel de Dieu. Nous partageons la vie du Christ ; c’est elle qui nous permet de grandir, de devenir de plus en plus le Corps du Christ au cœur de l’humanité tout entière.
Aussi aujourd’hui nous pouvons d’abord laisser monter de notre cœur et de nos lèvres un chant d’amour et de louange pour cette vie que nous avons reçue et que nous continuons de recevoir en célébrant l’Eucharistie.
Nous pouvons aussi d’un même cœur et avec la même intensité demander aussi au Seigneur aujourd’hui de nous faire vivre, de nous donner encore plus de cette vie, de la faire grandir en nous pour que nous devenions davantage ses témoins, témoins du Christ ressuscité, au milieu de ce monde qui a tant besoin d’amour.
