Mgr J-C. Dufour-11 août 2019 – 19e dimanche ordinaire – Luc 12, 32-48

Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie

HOMÉLIE : 11 août 2019 – 19e dimanche ordinaire

(Luc 12, 32-48)

 

« Je te dis que je me suis fait avoir… Je me suis fait passer tout un sapin… . Ils ne me prendront pas une autre fois… Si j’avais su… » Autant d’expressions pour dire qu’on a manqué de prudence, qu’on n’a pas été vigilant, qu’on n’a pas fait attention ! Des expressions qui rejoignent l’évangile d’aujourd’hui ! Jésus a annoncé son retour à plusieurs reprises. Aussi, il invite ses disciples à être vigilants comme des serviteurs qui attendent leur maître parti en voyage de noces ; à être vigilant comme si on savait qu’un voleur aller venir dévaliser notre maison.

Ça veut dire qu’en Église nous devenons un peuple de veilleurs. C’est fondamental dans notre vie de baptisé ! Quand on est en attente, quand on veille, on se tourne vers l’avenir, pas question de nous accrocher au passé, de regretter tout ce qu’on a pu vivre. C’est ce que fait Jésus en nous annonçant son retour, il nous annonce un avenir nouveau. Comment attendons-nous le retour du Seigneur ?

On peut attendre son retour du Seigneur comme si on attendait un voleur !

Si on savait que quelqu’un allait venir nous voler, pas question de quitter la maison, d’aller se coucher pour dormir ! On veille ! On est sur la défensive ! On a peur ! On installe un système d’alarme ! Pas question que quelqu’un entre dans la maison !

Il y a une attente du Seigneur qui est basée sur la peur. On tremble devant les récits de la fin du monde qu’on lit dans le temps de l’Avent. On se souvient de ces retraites où plus le prédicateur réussissait à nous faire peur, plus il était bon ! Est-ce que notre attente du Seigneur est basée sur la peur ?

Il y a une deuxième attente qu’on pourrait appeler « L’attente du retardataire ». On connaît cette forme d’attente ! On a donné un rendez-vous à quelqu’un ! Il est en retard ! Ça fait une heure qu’on attend. Nos jeunes sont sortis pour la soirée ! Ils ne rentrent pas à l’heure convenue ! On n’ose pas se coucher ! On préfère attendre jusqu’à l’impatience, jusqu’à être de mauvaise humeur ! Quand j’entends des gens me dire que le Seigneur n’est jamais là quand ils en ont besoin, qu’Il n’écoute pas leurs prières, je pense que ça ressemble à cette forme d’attente. Est-ce que notre attente du Seigneur ressemble à « l’attente du retardataire » ?

Il y a une troisième attente qui est la véritable attente chrétienne !

En préparant mon homélie, j’ai lu une petite phrase qui disait que « La fidélité est l’autre nom de l’amour ». On peut penser que la fidélité est le résultat d’une grande volonté, qu’elle existe parce qu’elle est basée sur de nobles et beaux sentiments. Ces genres de fidélité ne peuvent jamais tenir le coup. La fidélité demande bien trop de ténacité et de courage, c’est pourquoi elle doit être portée par l’amour.

« Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces pour lui ouvrir dès qu’il arrivera ». Quand on attend avec amour, on met tout en œuvre ! On prépare tout ce qu’il faut pour celui qui va venir ! On agit comme un bon serviteur, comme un véritable ami, comme un amoureux. L’attente qui est basée sur l’amour, c’est une attente qui nous tient éveillés, fidèles et confiants, fervents et constants ! C’est une attente qui est déjà faite de bonheur, d’un bonheur qui dure jusqu’à l’arrivée de celui qui est attendu.

Notre attente à nous a encore quelque chose de bien particulier ! Elle s’enracine dans la fidélité d’un Dieu qui n’a jamais manqué à ses promesses. « Si nous sommes infidèles, lui reste fidèle, car il ne peut se renier lui-même », disait Saint Paul à Timothée (2 Tim 2,13). Dieu n’est jamais venu dans notre monde comme un voleur qui veut entrer à la maison, comme un retardataire incorrigible, mais comme un amoureux, comme une surprise qui vient combler notre attente. C’était vrai hier, c’est vrai aujourd’hui et ce sera vrai quand il reviendra !

« Gardez vos lampes allumées », nous dit Jésus. La lampe de la foi qui vient chasser les ténèbres pour nous permettre de voir les événements et les personnes à la manière de Dieu ! La lampe de la foi qui nous permet d’entendre les appels de Dieu ! La lampe de l’amour qui nous permet de nous ouvrir à Dieu et aux autres comme les fleurs qui s’ouvrent au soleil.

Pendant notre célébration, laissons retentir en nos cœurs l’appel du Seigneur à garder nos lampes allumées. Demandons-lui de nous faire vivre dans une attente amoureuse, dans une fidélité ouverte sur l’avenir, dans l’accueil de tout ce que Dieu, dans son dessein d’amour, veut réaliser dans notre vie.