Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 10 octobre 2020 – Luc 11,27-27
Un évangile très court ! Deux petits versets, deux béatitudes.
« Heureuse la mère qui t’a porté en elle, et dont les seins t’ont nourri ! »
« Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! »
Ces deux béatitudes sont une invitation à contempler Marie, la Mère de Dieu et la Mère de l’église.
Bien sûr, on comprend que la première béatitude s’adresse surtout à Marie. Elle fut choisie entre toutes pour devenir la Mère du Fils de Dieu. Et on sait très bien pourquoi. Elle a écouté la Parole du messager de Dieu et l’a gardée. En répondant au message de l’ange : « je suis la servante du seigneur… qu’il me soit fait selon ta parole ». Elle a compris l’annonce du Père. Elle a été obéissante, docile à la Parole divine qu’elle recevait. C’est elle qui a porté Jésus et qui l’a nourri.
Mais avec elle, nous pouvons partager la deuxième béatitude proclamée par Jésus : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! » Heureux, heureuses, ceux et celles qui regardent Marie avec attention, qui sont attentifs à son obéissance amoureuse. Si la Parole de Dieu est devenue sa vie, nous devons comprendre que la Parole de Dieu, la Parole du Christ doit devenir ce qui nous fait vivre, devenir vie en nous, devenir notre vie.
Si nous écoutons la Parole de Dieu, la volonté amoureuse du Père, notre vie spirituelle sera pleine et notre mission féconde. Fréquenter la Parole, la méditer, la « ruminer », la garder dans notre cœur, c’est entretenir notre relation avec Dieu, c’est raffermir notre alliance avec lui. La garder dans notre cœur, c’est nous transformer à l’image de Celui qui est la Parole du Père, c’est-à-dire le Christ Jésus.
Autrement dit, nous désirons qu’un jour nous puissions dire ce que Saint Paul disait aux Galates : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2,10). Nous souhaitons que la Parole nous revête de la beauté du Christ Jésus, que nous devenions vraiment fils et filles de Dieu dans le Fils unique.
Qu’est-ce qu’on peut souhaiter aujourd’hui ? Quelle béatitude pourrions-nous désirer ? On peut désirer encore que Marie nous enseigne son écoute silencieuse afin que la Parole se grave en nous et nous façonne à la ressemblance de son Fils. C’est toujours à cette ressemblance que nous sommes appelés.
On pourrait souhaiter la même chose que Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Elle disait : « Nous pouvons sûrement espérer que, si la Parole Vivante nous attire, d’autres viendront courir avec nous dans les voies du Seigneur. »
