Mgr Jean-Charles Dufour, Aumônier des Servantes de Jésus-Marie
HOMÉLIE : 10 mars 2023 – Genèse 37, 3-4.12-13a.17b-28
Il n’y a pas si longtemps nous avons entendu l’histoire de la jalousie entre Caïn et Abel.
À nouveau, ce matin, la première lecture nous raconte l’histoire d’une jalousie à l’intérieur d’une famille.
Malheureusement une histoire bien triste qui ne cesse de se produire encore et encore. Mais, avant tout, c’est une histoire qui nous annonce ce qui devait arriver à Jésus. Joseph, dans cette lecture, est le vrai portrait du Christ.
La lecture commençait en nous disant : « Jacob aimait Joseph plus que tous ses enfants, parce qu’il était le fils de sa vieillesse, et il lui fit faire une tunique de grand prix ».
Oui, Joseph était aimé de son père et, et pour cette raisons, on peut penser qu’il était appelé à une destinée glorieuse.
Là encore, il ressemble à Jésus qui était aimée d’une manière particulière par son Père. Le jour de son baptême : des cieux une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. » Lui aussi était promis à une destinée heureuse.
Et puis, on peut dire que les frères de Joseph sont une figure des Juifs aux jours du Christ.
Le cœur des frères de Joseph n’était pas en communion avec celui de leur père. Ils haïssaient Joseph, ne partageaient pas l’amour du père pour lui.
Nous savons qu’il en était ainsi pour le Christ. Saint Jean nous dit : « Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. » Ça avait commencé à la synagogue de son propre village. On cherchait toujours un moyen de l’arrêter.
On peut dire encore de Joseph qu’il est demeuré ferme dans son témoignage.
Joseph eut un songe et il le raconta à ses frères. Il eut un autre songe et il le raconta à nouveau. Son témoignage lui valut d’être jeté dans une citerne. S’il n’avait pas parlé, il aurait sans doute été épargné, mais non, il dit à ses frères toute la vérité, et c’est pour cela qu’ils le haïrent.
Il en fut de même pour le Christ, il rendit témoignage à la vérité. Il répondait à Pilate : « Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. »
Ses frères, le voyant venir de loin, se dirent : « C’est le moment, allons-y, tuons-le, jetons-le dans une de ces citernes. Nous dirons qu’une bête féroce l’a dévoré. »
Ces paroles ne sont pas sans nous rappeler d’une manière saisissante la parabole d’un propriétaire qui loua sa vigne à des vignerons :
« Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : “Ils respecteront mon fils.” Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : “Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage !” Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. »
Je disais tantôt que Joseph était destiné à un bel avenir. Il fut d’abord vendu par ses frères pour devenir ensuite gouverneur de toute l’Égypte jusqu’au point de pouvoir venir au secours de sa famille, de ses frères qui l’avaient vendu.
Jésus aussi était promis à un bel avenir. Il en est ainsi de Jésus qui ressuscita le matin de Pâques, qui est devenu la tête de l’Église entraînant la multitude avec lui dans la gloire. « Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce »
Ainsi, on peut voir toute la différence qui existe entre les pensées de Dieu et celle des hommes; il en est de même quand nous regardons la croix et le trône de majesté dans les cieux.
Cette première lecture est une belle occasion qui nous est donnée de contempler le Christ à travers la personne de Joseph.
